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Ottawa critiqué pour sa gestion des accords bilatéraux en petite enfance

Les communautés francophones en milieux minoritaires souhaitent une meilleure collaboration du gouvernement fédéral pour assurer que l'argent dédié à la petite enfance soit dépensé dans ce domaine, c'est ce qui ressort d'un rapport du Comité permanent des langues officielles.

Un texte de Denis-Michel Thibeault

Le document de 66 pages du groupe de travail non partisan met l’accent sur six recommandations afin de raffermir les accords bilatéraux de financement en petite enfance dans les milieux minoritaires.

Le gouvernement fédéral doit « s’assurer que les sommes qui sont allouées en petite enfance ne soient pas dépensées pour le bilinguisme et à l’apprentissage du français dans l’Ouest », affirme le président du comité et député libéral de Brome-Missisquoi, Denis Paradis.

Le comité a visité les communautés francophones de Vancouver, Edmonton et Winnipeg pour parler à des représentants communautaires, des intervenants et des parents.

Les participants aux consultations ont notamment soulevé le fait que la Politique sur les paiements de transferts n’impose pas suffisamment d’obligations aux provinces à l’égard des communautés francophones.

« Plusieurs témoins sont d’avis que l’absence de mesure législative freine le développement de l’éducation à la petite enfance en français, particulièrement dans les provinces de l’Ouest, peut-on lire dans le rapport. Les témoins revendiquent une modification à la Loi sur les langues officielles afin qu’elle consacre et encadre un rôle accru du gouvernement fédéral dans le domaine de l’éducation de la petite enfance en situation minoritaire. »

Une décision applaudie

Le président de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada, Jean Johnson, dit « chapeau. »

Il souligne que « sans une clause qui parle des minorités, il n’y a aucune chance que les minorités aient l’appui de la province. »

La professeure en Éducation de la jeune enfance à l’Université de Saint-Boniface, Dominique Arbez, admet que ce rapport est un pas dans la bonne direction. « C’est la première fois que je remarque que le Comité permanent des langues officielles reconnaît la petite-enfance comme un moteur en ce qui concerna la francophonie. »

« Si les jeunes ne sont pas trempés dans le français dès un jeune âge, ils vont perdre leur français, souligne Denis Paradis. C’est important que nos groupes en situation minoritaire à travers le pays puissent non seulement survivre, mais se développer. »

Selon Denis Paradis, ce rapport fait donc pression sur Ottawa. Il dit aussi qu’une plus grande participation des provinces sera nécessaire afin de bouger rapidement et d’assurer une plus grande efficacité.

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