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Ottawa déterminé, mais prudent pour l'accueil de 25 000 réfugiés

Le nouveau ministre de l'Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté du Canada, John McCallum, maintient l'objectif de son gouvernement d'accueillir 25 000 réfugiés d'ici la fin de l'année, tout en partageant la prudence exprimée par certains experts quant à la faisabilité du programme en si peu de temps. 

Le plus important est de « bien faire les choses », a affirmé vendredi M. McCallum à Radio-Canada, ajoutant que son ministère travaille étroitement avec d'autres départements pour coordonner cette immense opération. 

« On ne veut pas le faire rapidement et mal. On veut le faire rapidement et bien. Je pense que les Canadiens veulent accueillir ces gens mais ils veulent que ce soit bien fait », a-t-il dit.

Le ministre insiste sur deux points pour la réussite de l'entreprise : la vérification des antécédents des réfugiés pour éviter toute atteinte à la sécurité nationale et une surveillance sanitaire accrue dans le but d'empêcher que des maladies se propagent au pays. Il souligne d'ailleurs que son gouvernement allait rétablir le programme de soins gratuits pour les réfugiés, qui avait été aboli par les conservateurs.

M. McCallum dit avoir décelé un « grand enthousiasme » des provinces, des villes et des Canadiens en général pour accueillir ces réfugiés qui fuient la guerre en Syrie.

Ces derniers se trouvent actuellement au Liban, en Jordanie et en Turquie. Les autorités canadiennes les feront venir au Canada par avion, mais n'écartent pas le recours aux bateaux. 

Des bases militaires pour accueillir les réfugiés

À leur arrivée au pays, différents scénarios sont étudiés pour les prendre en charge. Les bases militaires semblent être les plus privilégiées, du moins dans un premier temps.

Ashley Lemire, conseillère principale en communications au ministère de la Défense, explique à La Presse Canadienne qu' « on regarde chaque base et chaque endroit pour déterminer combien d'espaces on a pour accepter des réfugiés ».

« On n'a pas les chiffres spécifiques, parce qu'il y a beaucoup de choses qu'on doit considérer, alors on ne donne pas de chiffres spécifiques en ce moment pour chaque endroit », poursuit Mme Lemire.

Comme en 1999 avec les Kosovars

Les bases militaires ont été déjà utilisées pour l'accueil de réfugiés kosovars en 1999.

Le brigadier général à la retraite Gaston Cloutier, qui était à l'époque commandant à la base de Trenton, en Ontario, estime que l'objectif du gouvernement libéral est réalisable, si les provinces et les organisations non gouvernementales et communautaires mettent l'épaule à la roue. Mais il faudra « agir très vite », notamment pour noliser des avions alors que se profile à l'horizon la période très achalandée des Fêtes.

Il note qu' « une des grosses différences entre 1999 et 2015, c'est que l'environnement de sécurité international a beaucoup changé. [...] C'était une préoccupation en 1999, mais à moindre échelle. C'est pour ça que la police militaire était toujours présente [à la base de Trenton] ».

Gaston Cloutier garde de bons souvenirs de l'expérience de 1999. « Ils [les réfugiés kosovars] sont restés environ trois mois avant d'être intégrés dans les communautés canadiennes à travers le pays. L'ambiance était très positive; les gens appréciaient beaucoup, beaucoup, beaucoup ce que le Canada faisait pour eux », se remémore le brigadier général à la retraite.

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