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Ottawa devra délier les cordons de sa bourse pour accueillir les réfugiés syriens

Les organismes d'aide aux réfugiés exigent des sommes supplémentaires d'Ottawa afin d'accueillir les 25 000 nouveaux arrivants syriens d'ici la fin de l'année. Dans la région de Toronto seulement, on s'attend à devoir reloger en cinq semaines le même nombre de réfugiés normalement reçus sur une période de cinq ans.

Un texte de Christian Noël

« L'an passé, nous avons relogé 1100 réfugiés. On se prépare maintenant à en accueillir de 5000 à 6000, mais en deux mois seulement », indique Mario Calla, le président de Costi, le seul organisme de la région de Toronto qui s'occupe des réfugiés parrainés par l'État.

« Nous manquons de logement d'urgences, exprime M. Calla. En temps normal, nous avons une centaine de lits. Ce sera insuffisant. Nous allons donc devoir réserver 800 chambres d'hôtel, comme logement temporaire. »

Mario Calla s'attend également à devoir embaucher une dizaine d'agents d'intégration supplémentaires pour pouvoir accueillir cet immense flot de réfugiés sur un court laps de temps.

Même si le gouvernement prévoit également utiliser des bases militaires pour loger les réfugiés, ce n'est pas la solution idéale, dit Mario Calla.

« Si une famille de cinq personnes vit sur une base militaire, à trois heures de route de Toronto, ça complique les choses. Ce sera plus difficile de les aider à se trouver un logement permanent et à s'intégrer dans une véritable communauté. »

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Le coût d'une nouvelle vie

« Les allocations aux réfugiés peuvent sembler importantes, mais c'est bien peu quand il faut repartir à zéro », insiste Mario Calla.

Prenons l'exemple de Mohammed Aboura, qui vit maintenant à Toronto. Il est arrivé de Syrie il y a six mois, après avoir passé un an dans un camp de réfugiés au Liban. Il préfère qu'on l'appelle Moe.

« J'avais toute ma vie en Syrie, mais là je dois tout recommencer. J'avais beaucoup d'amis, ma famille, mon appartement, ma voiture, mon travail comme professeur d'anglais. J'ai tout laissé ça derrière moi. »

Pour Moe, arriver au Canada, c'était une chose. Mais réussir à s'établir pour de bon, c'en est une autre.

« J'ai des problèmes avec l'argent, le travail, l'éducation. Je veux aller à l'université, mais je n'ai pas mes papiers d'avant, alors c'est long. »

Une transition difficile, déroutante, surtout durant les premiers mois. « J'avais besoin de quelqu'un avec moi pour tous mes déplacements, pour aller au supermarché, à la pharmacie, à la banque, chez le médecin. »

Pour Moe, sa nouvelle vie à Toronto est bien amorcée, même si parfois il y a des moments difficiles.

« Être séparé de ma famille, c'est très difficile, dit Moe. En Syrie, il n'y a pas l'Internet tout le temps, c'est dur de parler avec ma mère, qui est toujours là-bas. »

Quand les 25 000 réfugiés syriens arriveront au Canada, Moe dit qu'il sera là pour eux, comme bénévole, afin de faciliter la transition.

« Je parle l'arabe et j'ai vécu les difficultés de la transition. Je vais aider les réfugiés à s'orienter dans la ville, à comprendre leur nouvelle société. Et je serai capable de comprendre ce qu'ils pensent et comment ils se sentent. »

Santé publique

Il faudra aussi soigner les réfugiés qui sont malades. Ça, c'est le travail d'un groupe de médecins, mis sur pied par le docteur Meb Rashid.

« Il faut vacciner les enfants, traiter les maladies infectieuses comme la tuberculose ou la malaria, traiter des maladies chroniques comme le diabète qui n'ont jamais été diagnostiquées », nous dit le docteur Rashid.

Une trentaine de médecins sont déjà prêts à faire du bénévolat, même la fin de semaine, pour soigner les réfugiés dans une demi-douzaine de cliniques spécialisées.

« Les troubles de santé mentale aussi sont fréquents, indique Meb Rashid. Des cas de stress post-traumatique, de dépression. Il faut identifier tous les besoins, physiques et psychologiques, pour ensuite leur trouver un médecin qui les suivra dans leur communauté. Ça aussi, ça fait partie de l'intégration. »

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