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Ottawa devrait investir plus pour faire face aux changements climatiques, croit un expert

Pour éviter les déficits, un économiste spécialisé en environnement croit qu'il est grand temps que la Ville d'Ottawa prenne les précautions budgétaires nécessaires pour faire face aux changements climatiques.

La Municipalité enregistre déjà un déficit de 11 millions de dollars pour 2017. Elle serait dans le rouge notamment en raison des pluies record, des inondations et des fortes chutes de neige.

Selon l’ancien professeur à l’Université Carleton Ram Sahi, les grandes variations de précipitation qui découlent des changements climatiques vont brouiller les cartes pour les villes, lorsque viendra le temps d’établir les budgets de déneigement, de nettoyage en cas d’inondations et de tout autre incident liés aux caprices de Dame nature.

« Ce sera tout un défi, parce que le réchauffement planétaire et les changements climatiques n’ont pas les mêmes conséquences sur toutes les villes. Prévoir les répercussions devient donc bien plus difficile », fait-il valoir.

Il note cependant que les répercussions financières des changements climatiques deviendront plus faciles à prévoir dans les prochaines années avec la multiplication des données disponibles.

À la Ville d'Ottawa, près de 8 millions de dollars du déficit projeté sont ainsi attribuables au fait que les citoyens ont utilisé moins d’eau ce printemps, en raison des fortes pluies.

En d’autres termes, il y a eu si peu de journées ensoleillées que les gens n’ont pas beaucoup arrosé leur pelouse ou rempli leur piscine, ce qui a privé la Ville d'une bonne part de ses revenus anticipés.

La Municipalité a également payé beaucoup d'heure supplémentaires à ses travailleurs cette année, à cause des fortes tempêtes de neige qui se sont abattues sur Ottawa.

Selon les calculs de la Ville, qui tiennent compte des chutes de neige et de pluie verglaçante ainsi que des cycles de gel et de dégel, l’hiver 2016-2017 a été 12 % plus difficile que la moyenne des cinq dernières années.

Un fonds de réserve pour les catastrophes naturelles

Ram Sahi pense que les villes devraient prévoir une enveloppe plus importante pour les catastrophes naturelles, des phénomènes qui pourraient devenir à la fois plus graves et plus fréquents.

La Ville d'Ottawa a dépensé cette année 2 millions de dollars dans la foulée des inondations le long de la rivière des Outaouais, qui ont forcé l'évaluation de centaines de résidences.

« La politique de l’administration devrait être de construire des infrastructures, afin de mieux s’adapter. Il faudrait aussi avoir un fonds de réserve », argumente M. Sahi.

Les fonds de réserve actuels couvrent les coûts

Présentement, la Ville d'Ottawa analyse les plus récentes tendances pour tenir compte des fluctuations climatiques dans son budget, selon la trésorière adjointe de la Municipalité, Isabelle Jasmin.

« Nous regardons les tendances des changements climatiques pour savoir quelles en ont été les répercussions au cours des années précédentes », relate-t-elle.

Mme Jasmin souligne que la Ville évalue les tendances sur cinq et vingt ans, mais que les données récentes ont davantage de valeur.

La trésorière adjointe fait remarquer qu'Ottawa a été en mesure d’éponger les déficits liés à des incidents climatiques dans les dernières années, grâce à une combinaison de fonds de réserve et de budgets non utilisés de certains départements.

Par exemple, des membres du personnel de Ville ont recommandé cette année d’avoir recours à des fonds de réserve pour l’eau et le traitement des eaux, afin de combler le déficit dans les revenus.

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