Retour

Ottawa et l’Ontario s’affrontent sur la question des réfugiés

La rencontre des ministres canadiens de l’Immigration s’est achevée par un vif échange vendredi à Winnipeg, le ministre fédéral Ahmed Hussen critiquant ouvertement le gouvernement de l’Ontario pour son approche qualifiée de « contraire aux valeurs canadiennes » sur la question des demandeurs d’asile.

« Ils ont choisi de déformer les faits en évoquant les soi-disant resquillages de files d’attente, alors que nous leur avons dit et répété que cela n’existe pas », a déclaré Ahmed Hussen, lors d’une conférence de presse à l’issue de la rencontre.

« Les demandeurs d’asile sont dirigés vers une file d’attente distincte au sein de la Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada (CISR), alors que les programmes réguliers d’immigrations sont gérés par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, et faire volontairement l’amalgame entre les deux est irresponsable, alarmiste, c’est contraire aux valeurs canadiennes et c’est très dangereux », a-t-il précisé.

Les critiques du ministre Hussen visaient la ministre ontarienne Lisa MacLeod, qui a quitté la table des discussions et refusé de signer le communiqué officiel publié à l’issue de la réunion.

Les ministres ont en effet abordé la question des demandeurs d’asile qui traversent illégalement la frontière avec les États-Unis, mais ils ont également abordé d’autres volets touchant l’immigration : l'économie, la francophonie, l’aide à l’installation et à l’intégration, et les façons d’attirer de nouveaux travailleurs au Canada, a énuméré M. Hussen.

Lisa MacLeod « profondément blessée »

« Nous avons parlé de tout cela, mais malheureusement l’Ontario a choisi de quitter la table, a dit le ministre Hussen. Ils ont failli à leur devoir envers leurs municipalités, en disant qu’ils n’avaient rien à voir avec cela. Mais la réalité, c’est que les problématiques de logement et de logement provisoire sont une responsabilité partagée, et nous devons travailler ensemble. »

Ahmed Hussen a précisé avoir parlé avec le maire de Toronto, John Tory, pour lui dire que « les municipalités touchées par cette décision auraient le soutien du gouvernement du Canada ».

Lisa MacLeod n’a pas pris ces attaques à la légère, déclarant aux journalistes après le départ d’Ahmed Hussen que c’était le ministre fédéral qui refusait de collaborer sur la question de l’immigration irrégulière.

« Je ne vais pas me lancer dans un débat sémantique avec le ministre, a-t-elle répondu, mais j’ai exigé qu’il prenne en considération les coûts exorbitants [liés à l’immigration] d’environ 175 millions de dollars, en plus de 3 millions de dollars que l’Ontario a fournis à la Croix-Rouge. »

« Je m’attendais à ce que l’on puisse travailler ensemble, mais à la place, j’ai été traitée d’anti-Canadienne, ce qui me blesse profondément. J’espère qu’il me présentera ses excuses », a conclu Mme MacLeod.

La Saskatchewan refuse également de signer

Le ministre de la Saskatchewan, Jeremy Harrison, a également publié une déclaration expliquant pourquoi son gouvernement avait refusé de signer le communiqué conjoint.

« Selon nous, il revient au gouvernement du Canada de financer entièrement le soutien aux demandeurs d’asile [...] ainsi que les soins de santé, l’assistance sociale et l’aide à l’emploi des demandeurs d’asile et des réfugiés pris en charge par le gouvernement », a-t-il déclaré.

En fin de journée, les ministres de l'Ontario et de la Saskatchewan ont publié une déclaration commune, « exhortant le gouvernement fédéral à trouver une solution à la crise frontalière » et à « concrétiser [son] engagement à soutenir entièrement la transition des réfugiés ».

Avec des informations de CBC

Plus d'articles

Vidéo du jour


Ce chat paresseux n'ouvre même pas les yeux pour miauler





Rabais de la semaine