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Ottawa et Québec prolongent leur entente sur le logement abordable

Les gouvernements du Canada et du Québec ont annoncé au cours d'un point de presse commun qu'ils reconduisaient pour cinq ans l'Entente concernant l'investissement dans le logement abordable (IDLA), un investissement totalisant plus d'un demi-milliard de dollars dont Québec sera le maître d'oeuvre.

L'entente, échue depuis le 1er avril 2014, est ainsi prolongée jusqu'en 2019.

L'annonce a été faite par le ministre fédéral des Affaires intergouvernementales, Denis Lebel, et par le ministre québécois responsable de l'habitation, Pierre Moreau, dans une résidence pour aînés et pour personnes handicapées de Québec.

L'entente se traduira par un investissement total de quelque 577 millions de dollars sur cinq ans.

Le ministre Lebel a précisé qu'Ottawa verserait la moitié de cette somme.

À ses côtés, Pierre Moreau a salué une « excellente nouvelle pour le Québec », expliquant que les sommes versées par le fédéral seraient utilisées « en fonction des priorités du Québec et des besoins de la population ».

Ces sommes seront injectées dans la construction, mais aussi dans la subvention au logement, a-t-il précisé.

Le ministre Moreau a mentionné que cette somme s'ajoutait aux quelque 626 millions de dollars déjà prévus par les deux gouvernements pour un programme « d'amélioration, de modernisation et de rénovation des logements » pour 2014 et 2015. Une somme à laquelle Ottawa contribue à hauteur de 55 %, Québec 35 %, et les municipalités 10 %.

M. Lebel a ajouté que le gouvernement avait injecté près de 4 milliards dans le logement social au Québec dans les huit dernières années.

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Annonce à saveur électorale?

Le ministre Lebel a balayé du revers de la main l'hypothèse d'opportunisme électoral soulevée par un journaliste. « Ça n'a rien à voir », a-t-il assuré. Le renouvellement de l'entente découle d'un « travail de longue haleine », a-t-il soutenu, expliquant le moment de l'annonce par la disponibilité des deux ministres.

Les élections - à date fixe - sont prévues le 19 octobre, mais les rumeurs d'une longue campagne qui pourrait même être lancée dès le début du mois d'août vont bon train.

Une option que le ministre Lebel verrait d'un bon œil. Il croit qu'aux dernières élections, en 2011, le Parti conservateur aurait pu contrer la vague orange des néo-démocrates de Jack Layton en expliquant mieux le programme de Stephen Harper. 

« La dernière campagne électorale fédérale au Québec ne nous a peut-être pas laissé le temps de tout dire ce que M. Layton avait à offrir », a-t-il dit aux journalistes après la conférence de presse. « Là, aujourd'hui, on ne parlera pas que de spéculation. On ne peut pas dire une chose à Québec et le contraire ailleurs dans le pays. »

Si les élections étaient déclenchées le 3 ou le 4 août, comme le prédisent certaines sources, la campagne électorale serait l'une des plus longues, voire la plus longue de l'histoire canadienne.

Le ministre Moreau s'est pour sa part défendu de participer à une offensive électorale des conservateurs.

« Il y a un intérêt direct pour le Québec » et pour les Québécois « qui sont dans des situations plus difficiles en matière de logement, a-t-il affirmé. Ce n'est pas une question électoraliste. »

Un point de vue que ne partage visiblement pas le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), qui a critiqué sur Twitter l'annonce avant même le début de la conférence de presse.

Plus tard, l'organisation est revenue à la charge, précisant que la somme de 58 millions de dollars par année fournie par le fédéral était « exactement le même montant que celui du dernier budget ».

« Vous demanderez au FRAPRU pour quelle raison on devrait refuser 288 millions en habitation, a lancé M. Moreau, informé de sa réaction. S'il y a une réponse - une réponse intelligente à donner - vous me la donnerez. »

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