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Ottawa promet d'agir pour encadrer la surréservation dans les avions

Le gouvernement canadien déposera ce printemps un projet de loi qui devrait encadrer la surréservation de sièges, une pratique courante chez certains transporteurs aériens qui irrite bien des voyageurs.

Plusieurs vidéos mises en ligne depuis dimanche montrent un homme littéralement arraché de son siège et tiré par les bras dans l'allée jusqu'à son expulsion d'un appareil de United Airlines. Le transporteur américain voulait libérer des sièges pour quatre de ses employés sur un vol partant de Chicago dimanche soir.

Un porte-parole du ministre fédéral des Transports Marc Garneau a indiqué lundi que des règles concernant la surréservation de sièges seraient incluses dans la future « charte des droits des voyageurs », promise l'automne dernier. Ces règles permettraient d'établir clairement les exigences minimales en matière de dédommagements pour les voyageurs en cas de surréservation ou de bagages perdus, indique-t-on.

Marc Roy a cependant refusé de prédire si le projet de loi établira des normes nationales ou s'il haussera simplement le montant des indemnités afin d'atteindre la parité avec ce qui est offert aux États-Unis et en Europe.

Gabor Lukacs, un défenseur des droits des voyageurs, soutient que la « troublante » vidéo du passager de United montre à quel point il est essentiel de protéger le consommateur contre ce genre d'abus. Selon lui, tous les transporteurs devraient être soumis aux mêmes barèmes d'indemnisations, avec des seuils pouvant atteindre 1500 $, comme aux États-Unis.

En 2013, M. Lukacs avait obtenu de l'Office des transports du Canada qu'il oblige Air Canada à hausser son plafond de dédommagements à 800 $, en fonction de la durée du retard subi par le voyageur.

Mauvaise publicité

L'incident sur le vol de United Airlines, devenu viral sur les médias sociaux, a eu un effet dévastateur sur l'image du transporteur aérien. Rick Seaney, président de l'agrégateur de réservations américain FareCompare.com, n'en revenait pas lundi. Selon lui, avec la technologie moderne et l'informatique, les transporteurs aériens n'ont plus aucune raison de pratiquer la surréservation de sièges. Et si un cas devait se produire, le problème devrait se régler avant l'embarquement, soutient-il.

M. Seaney rappelle que les transporteurs aériens augmentent habituellement leur offre de dédommagement jusqu'à ce que quelqu'un accepte volontairement, à ce prix, de partir plus tard sur un autre vol.

Sur le vol de United Airlines, des passagers ont indiqué que le transporteur avait d'abord offert des bons d'une valeur de 400 $, puis de 800 $, en plus d'un séjour à l'hôtel. Face à l'absence de volontaires, un gérant est monté à bord pour annoncer qu'il procéderait à quatre expulsions de manière aléatoire.

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