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Ottawa renonce à abaisser le taux limite d'alcool au volant

La ministre fédérale de la Justice, Jody Wilson-Raybould, a finalement décidé de renoncer, pour l'instant, à abaisser de 80 mg à 50 mg par 100 ml de sang le taux limite d'alcool au volant, comme elle l'envisageait l'été dernier.

Selon le cabinet de la ministre Wilson-Raybould, même si la ministre croit fermement qu’une réduction de la limite permise d’alcool au volant de 0,08 à 0,05 aurait un impact positif sur la sécurité routière, « il n'y a pas de plans à ce stade pour présenter un projet de loi », a expliqué à CBC David Taylor, porte-parole de la ministre.

Jody Wilson-Raybould avait demandé à l'époque l'avis de ses homologues provinciaux et territoriaux ainsi que des intervenants du milieu, dont des organismes de prévention comme MADD Canada, mais aussi de l'industrie des bars et des restaurants.

Or, il semble que l’idée a eu plus d’opposition que prévu au pays, notamment du milieu des propriétaires d’établissements licenciés qui redoutaient des pertes importantes si les gens ne pouvaient plus boire lorsqu’ils sortaient.

Les provinces, quant à elles, craignaient surtout qu’une telle mesure n’engorge et n’alourdisse encore leur système judiciaire déjà très sollicité.

Le fait également que l’Alberta songe à décriminaliser en partie la conduite en état d’ébriété n’a pas aidé à la formation d’un consensus national sur l’abaissement du taux d’alcoolémie à 0,05.

Ottawa mise sur le projet de loi C-46

Affirmant que la ministre Wilson-Raybould n’a pas abandonné son projet pour autant, son porte-parole a expliqué que le ministère de la Justice se concentre pour l’instant sur le projet de loi C-46 sur la conduite avec facultés affaiblies qui sera déposé en même temps que celui sur la légalisation de la marijuana.

En vertu de ce nouveau projet de loi qui est actuellement étudié par un comité sénatorial, les policiers du pays auraient désormais la possibilité d'exiger, même en l'absence de soupçon, des échantillons d'haleine ou de sang d’une personne au volant d'un véhicule.

Actuellement, ils ne peuvent contrôler un automobiliste que s’ils ont un doute raisonnable qu’il est en état d’ébriété.

MADD déçu mais pas surpris

La ministre Wilson-Rayboul estime que le projet de loi C-46 « sera très efficace pour changer le comportement des conducteurs et, par conséquent, pour protéger les usagers de la route contre le fléau de la conduite avec facultés affaiblies », a déclaré M. Taylor.

Pour l’organisme Mother Against Drunk Driving (MADD), qui milite depuis 20 ans pour que le gouvernement resserre les lois entourant la conduite avec facultés affaiblies, cette décision est décevante, mais pas surprenante.

Selon Andy Murie, directeur de MADD Canada, la proposition de la ministre fédérale de la Justice a fait face à de l’opposition dès le début et n’a reçu que peu d'appui de la plupart des provinces.

« Point zéro huit, c'est beaucoup trop haut », maintient Andy Murie.

Beaucoup d'éducation reste à faire

Pour Hubert Sacy, directeur de l’organisme indépendant Éduc'alcool, qui fait la promotion d’une consommation modérée au Québec, le gouvernement fédéral a bien fait de tenir compte des objections soulevées.

Selon M. Sacy, qui s’est entretenu avec CBC, son organisme pourrait appuyer une baisse du taux d’alcool permis à 0,05, mais il faut d'abord changer la perception de la conduite en état d'ébriété chez les conducteurs pour que la mesure soit efficace.

« Dans notre province, 75 % des conducteurs n'ont jamais vu un barrage routier », souligne-t-il. Lorsque vous avez une si faible perception de la peur que vous seriez pris en flagrant délit si vous conduisiez avec des facultés affaiblies, une telle mesure ne changerait rien. »

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