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Ottawa se penche sur l'utilisation de blindés canadiens en Arabie saoudite

Le premier ministre, Justin Trudeau, a réagi samedi à la controverse des véhicules blindés canadiens utilisés par l'Arabie saoudite dans la répression de la minorité chiite, en affirmant que son gouvernement suit l'affaire de près.

De passage à Winnipeg, M. Trudeau a dit que le gouvernement fédéral prend « très au sérieux ces allégations ».

« Je sais que la ministre [Chrystia] Freeland a condamné ces rapports et réagi immédiatement pour faire un suivi pour voir qu’est-ce qui se passe et qu’est-ce qu’on peut faire », a déclaré Justin Trudeau.

« Nous, nous sommes engagés en tant que gouvernement d’être plus ouverts, d’être plus transparents, plus redevables envers les Canadiens par rapport à des enjeux comme ceux-ci et c’est exactement que nous allons faire », a-t-il ajouté, précisant qu’Ottawa allait faire un « suivi immédiat ».

Le quotidien The Globe and Mail rapportait vendredi que, selon des experts ayant examiné des images de récents combats, l'Arabie saoudite se sert de véhicules blindés canadiens contre des militants de la minorité chiite.

Dans une déclaration par courriel, Affaires mondiales Canada a réaffirmé qu'Ottawa s'attend à ce que les utilisateurs d'exportations canadiennes respectent les conditions prévues dans les licences.

« Si l'on découvre que des exportations canadiennes ont été utilisées pour commettre de sérieuses violations des droits de la personne, la ministre [Chrystia Freeland] interviendra », a-t-on écrit.

L'an dernier, la décision du gouvernement de Justin Trudeau d'honorer un contrat entre le royaume et une entreprise ontarienne avait soulevé un tollé.

On réclamait la résiliation de ce contrat d'une valeur de 15 milliards de dollars, conclu sous Stephen Harper, en raison des violations des droits de la personne reprochées au régime saoudien.

Le ministre des Affaires étrangères de l'époque, Stéphane Dion, s'était dit incapable d'empêcher les exportations d'équipement canadien sans preuve qu'il serait employé à mauvais escient.

Répression contre la minorité chiite

Au moins cinq personnes ont été tuées depuis mercredi dans une opération policière dans la ville d’Awamiya contre la population chiite. Selon les informations relayées sur les réseaux sociaux, des blindés fabriqués en Ontario ont été utilisés par les forces gouvernementales pour mater la minorité chiite.

Les experts consultés par Radio Canada International ont confirmé que les véhicules montrés dans les bulletins d'informations et les publications sur les réseaux sociaux sont effectivement fabriqués en Ontario.

Amnistie internationale a demandé au gouvernement fédéral d'annuler le lucratif contrat de 15 milliards de dollars pour la vente de véhicules blindés légers.

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