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Ottawa tente d'éviter de séparer des familles d'immigrants illégaux, mais cela arrive

Bien que la loi canadienne prévoie, comme aux États-Unis, que des enfants d'immigrants illégaux puissent être séparés de leurs parents, Ottawa assure qu'au Canada tous les efforts sont déployés pour que les familles demeurent ensemble.

Réagissant à un article de la CBC rappelant que le Canada détient des immigrants illégaux et qu'ils sont parfois séparés de leurs enfants, le bureau du ministre fédéral de la Sécurité publique, Ralph Goodale, assure qu’au Canada les séparations n’interviennent qu’en tout dernier recours.

Dans un courriel envoyé mercredi matin à la CBC, le bureau du ministre Goodale ajoute que, depuis le mois de novembre dernier, le ministre a donné une directive claire à l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) pour que, « dans la mesure du possible, les enfants ne soient pas détenus et les familles restent ensemble ».

La directive ajoutait que l'intérêt supérieur de l'enfant « doit être la considération primordiale » de l’ASFC, selon le bureau de Ralph Goodale.

Dernier recours

« Sous notre gouvernement, le nombre d'enfants détenus ou logés en détention a diminué et la durée de leur séjour a diminué. Les enfants ne sont détenus qu'en dernier recours », explique Scott Bardsley, l’attaché de presse du ministre de la Sécurité publique.

Selon des données obtenues par CBC, 151 mineurs ont été détenus avec leurs parents l'an dernier dans des centres de surveillance d’Immigration Canada. Onze autres ont été détenus sans être accompagnés d'un adulte, selon l'Agence des services frontaliers du Canada.

Le nombre d'enfants en détention a légèrement diminué sous le gouvernement libéral, a constaté CBC, bien qu'il soit en voie d'augmenter encore cette année en raison de l’afflux de demandeurs d’asile aux frontières du pays ces derniers mois.

Selon le bureau de Ralph Goodale, la détention n’est envisagée « que lorsqu'il existe de sérieuses préoccupations concernant le risque de fuite, le fait qu'une personne ne soit pas identifiée ou qu'elle représente un danger pour le public ».

Solutions de rechange

Lorsque des immigrants ayant des enfants sont détenus, explique le bureau du ministre, les agents de l'ASFC travaillent en collaboration avec les parents et les services de protection de l'enfance pour trouver des solutions de rechange qui assurent la sécurité et le bien-être des enfants.

Il arrive cependant que des immigrants demandent que leurs enfants soient logés avec eux, dans les centres de surveillance.

Ottawa assure également se soucier en permanence du sort des demandeurs d’asile sur son territoire et y consacrer des sommes conséquentes.

Ces sommes doivent notamment être consacrées à l’amélioration des conditions de détention des demandeurs d’asile, mais aussi au développement d’autres solutions que la détention, comme « la surveillance communautaire », explique le bureau de Ralph Goodale.

Levée de boucliers contre les pratiques américaines

Ces précisions d’Ottawa sur le traitement réservé aux immigrants illégaux et aux demandeurs d’asile surviennent alors que l’administration du président américain Donald Trump fait face à une importante vague de contestation internationale après la publication de données révélant qu’au moins 2000 enfants, dont les parents sont demandeurs d’asile aux États-Unis, ont été séparés de leur famille ces six dernières semaines.

En vertu d’une politique musclée destinée à décourager les demandeurs d’asile d’entrer aux États-Unis en provenance du Mexique, Washington a ordonné en mai que tous les immigrants illégaux soient arrêtés et mis en détention, qu’ils aient ou non des enfants.

Les enfants ne pouvant être emprisonnés, ils sont séparés de leurs parents et gardés par les autorités américaines dans des centres d’accueil improvisés ou des parcs de tentes en attendant que l’immigration se prononce sur le sort de leurs parents.

« Ce qui se passe aux États-Unis est mauvais », Justin Trudeau

Vivement dénoncée par de nombreuses organisations et personnalités publiques internationales et américaines, cette pratique a été qualifiée mercredi d’« inacceptable » par le premier ministre Justin Trudeau.

Expliquant ne pas pouvoir imaginer ce que ça doit être d’être ainsi séparé de ses enfants, M. Trudeau a poussé sa rhétorique un peu plus loin en déclarant que « ce qui se passe aux États-Unis est mauvais », ajoutant que « ce n'est pas comme ça qu'on fait les choses au Canada ».

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