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Ouverture du procès de Bruce Carson, un ex-conseiller de Stephen Harper

Le procès pour trafic d'influence de Bruce Carson, un ex-conseiller du premier ministre Stephen Harper, s'est ouvert aujourd'hui, au palais de justice d'Ottawa. M. Carson a plaidé non coupable dans cette affaire susceptible de rebondir dans la campagne électorale.

M. Carson, qui a travaillé pour M. Harper jusqu'en 2009, est accusé en lien avec la vente prévue de systèmes de purification d'eau dans des réserves autochtones par l'entreprise H20 Pros, pour laquelle travaillait son ex-conjointe.

Il aurait ordonné que 20 % de tous les revenus obtenus grâce à la vente de système de filtration d'eau à des communautés des Premières Nations soient remis à cette femme, Michele Macpherson.

En matinée, la Couronne a essayé de démontrer que M. Carson oeuvrait vraiment de manière à ce que H20 Pros décroche le contrat en question en mettant à profit ses contacts.

Elle a par exemple déposé en preuve un courriel dans lequel il informe des dirigeants de la firme qu'il a parlé avec le premier ministre des changements survenus à la tête du ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien.

Lors de son enquête préliminaire, M. Carson a plaidé qu'il avait simplement voulu aider en tentant de faciliter des rencontres entre H20 Pros et des représentants du gouvernement, en 2010 et 2011.

L'avocat de la Couronne, Jason Nicol, a plutôt fait valoir à la Cour supérieure de justice de l'Ontario qu'il ne poursuivait pas seulement des objectifs altruistes.

Le procès de M. Carson devrait durer une seule journée, et non six, comme cela était prévu au départ, en raison d'une entente avec la Couronne. Les deux parties ont convenu de tenir le procès sur la base des témoignages livrés lors de l'enquête préliminaire.

Toute cette affaire a commencé en mars 2011, après que le Réseau de télévision des peuples autochtones (RTPA) eut révélé que Bruce Carson aurait fait du lobbying illégal auprès du ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien et de son ministre, John Duncan, pour le compte de H20 Pros.

M. Carson était alors directeur général de l'École de l'énergie et de l'environnement du Canada. Il n'était pas enregistré comme lobbyiste, sans compter que la loi lui interdisait d'agir de la sorte dans les cinq années suivant son départ de la vie politique.

Michele Macpherson, une ancienne escorte, selon RTPA, aurait pour sa part agi comme intermédiaire entre H20 Pros et les communautés autochtones. Elle aurait récolté des commissions pour chaque vente effectuée.

Bruce Carson n'en était pas à ses premières frasques avec la justice. Il avait été exclu du Barreau du Haut-Canada (Ontario) et condamné à une peine d'emprisonnement au début des années 1980 pour avoir fraudé des clients.

Il avait dévoilé ces faits au bureau du premier ministre lors de son embauche en 2006. Il avait aussi travaillé pour Stephen Harper lorsque ce dernier était chef de l'opposition.

M. Carson devra aussi répondre à trois autres accusations de lobbying illégal qui feront l'objet d'un second procès, probablement au début de l'année prochaine.

Attaque contre Stephen Harper

Sans surprise, le procès de Bruce Carson a rebondi dans la campagne électorale. Le chef libéral Justin Trudeau a été le premier à exploiter l'affaire dans un point de presse tenu ce matin, en accusant Stephen Harper de mal choisir ses collaborateurs politiques.

Interrogé sur le sujet, Stephen Harper a nié tout lien avec sa gestion des affaires publiques. « Cela concerne les actions individuelles d'un citoyen après qu'il eut quitté le gouvernement », a-t-il dit.

« Nous avons établi des lois pour gérer cela, et il est poursuivi et tenu responsable en vertu de ces lois », a-t-il dit, dans une allusion à l'interdiction de faire du lobbying qui touche les responsables du gouvernement pendant cinq ans. 

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