Nos journalistes à bord des caravanes nous parlent des activités prévues par les différents chefs de parti en ce 50e jour de campagne électorale.

Julie Dufresne couvre la campagne du Nouveau Parti démocratique

Embrasser la morue terre-neuvienne

Il y a une étrange tradition à Terre-Neuve pour ceux qui y viennent pour la première fois : embrasser une morue et avaler un verre de scotch. La meilleure façon, dit-on, de faire officiellement partie de la famille.

Thomas Mulcair osera-t-il? En tout cas, son entourage ne manque pas de souligner qu'il est le premier des trois chefs et à arriver à Terre-Neuve-et-Labrador (par quelques heures seulement), où il mettra littéralement sa ligne à l'eau.

Ici, la réforme de l'assurance-emploi et l'Accord de libre-échange Canada-Europe donnent du fil à retordre aux conservateurs : le premier ministre Paul Davis, lui-même un conservateur, a clairement laissé entendre qu'il ne voulait pas appuyer Stephen Harper, ni même s'afficher avec lui. Dans la province qui a déjà pratiquement rayé les conservateurs de la carte en 2008 avec la campagne « Anything but conservative » de l'ancien premier ministre Danny Williams, le NPD estime qu'il a tout à gagner.

Les néo-démocrates, qui ont déjà deux députés sortants dans la capitale (Jack Harris, dans St. John's Est, et Ryan Cleary, dans St. John's Sud-Mount Pearl), veulent maintenir leurs acquis, idéalement faire de nouvelles prises. La circonscription d'Avalon, celle du député sortant Scott Andrews, expulsé du Parti libéral pour inconduite sexuelle, pourrait en être une de taille. Mais les libéraux sont traditionnellement forts ici (quatre députés sortants sur sept), et seront de sérieux adversaires en Atlantique.

Si la pêche est vraiment bonne pour le NPD, on pourra presque parler de pêche miraculeuse.

Daniel Thibeault couvre la campagne du Parti libéral

L'assurance-emploi au coeur des préoccupations de l'Atlantique

Entre le débat de Calgary et celui de Montréal ce jeudi, le chef libéral s'offre un passage en Atlantique.

Justin Trudeau est celui des trois chefs qui a visité cette région du pays le plus souvent depuis le début de la campagne. Il était au Nouveau-Brunswick le 15 août, à l'Île-du-Prince-Édouard le 7 septembre et au Nouveau-Brunswick le lendemain. Aujourd'hui, il visite la Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve-et-Labrador, les deux provinces où il n'est pas encore passé.

La réforme de l'assurance-emploi adoptée par le gouvernement conservateur a suscité beaucoup de mécontentement ici et les libéraux croient que ce dossier peut leur permettre de faire des gains. Lors de sa dernière visite, il y a deux semaines, Justin Trudeau a d'ailleurs annoncé qu'un gouvernement libéral reverrait les règles de l'assurance-emploi, pour réduire les primes et rendre le régime plus facilement accessible.

La lutte s'annonce intéressante dans ces provinces, surtout entre les libéraux et le NPD, alors que les candidats conservateurs, eux, semblent en sérieuses difficultés. Les libéraux sont traditionnellement forts, mais les néo-démocrates mènent une campagne agressive dans plusieurs circonscriptions. Le parti de Thomas Mulcair veut maintenir ses acquis et ajouter quelques sièges. Pas surprenant qu'il soit lui aussi en visite lui aussi dans la région aujourd'hui.

Parions toutefois que les équipes responsables de la tournée pour chacun des partis se sont assurées que les avions ne se croisent pas ailleurs que dans les nuages...

Tamara Alteresco couvre la campagne du Parti conservateur

Retour au bercail

Il y a quatre ans exactement, je quittais la colline du Parlement après y avoir passé six ans à couvrir des gouvernements minoritaires.

Stephen Harper savourait enfin sa première majorité. Il avait devant lui tout le temps nécessaire pour étaler son programme, gouverner avec le champ libre, ouvert à ses réformes économiques et judiciaires.

Le temps passe assez vite merci. Me revoilà aujourd'hui de retour à Ottawa, au pied de l'escalier de l'avion des conservateurs pour couvrir ce qui sera sûrement la dernière campagne électorale de M. Harper... Qu'il en sorte gagnant ou vaincu.

L'enjeu principal de l'élection est le même qu'il y a quatre ans : l'économie domine dans tous les discours, le sien comme celui de ses adversaires. Mais de mon point de mire, où je me promène depuis mon départ d'Ottawa, sur le terrain, « chez le vrai monde » comme on dit, il y a un désir pour quelque chose de nouveau.

On ne me parle ni de Mike Duffy, ni de l'usure du pouvoir, ni de déficit ou de dette nationale. Les gens me parlent de leurs enfants, de l'école, des grands-parents malades, de la guerre à l'étranger, de l'avenir et de ce qui les attend demain et dans 10 ans. Vous vous reconnaissez?

Il y a cette année des visions différentes qui s'affrontent en campagne électorale.

Je pars au front avec les chefs pour les quatre prochaines semaines et je ne peux qu'espérer qu'ils profiteront pleinement du temps qu'il reste pour répondre clairement aux Canadiens.

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