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Partenariat transpacifique : le Canada et 10 pays parviennent à une entente

Les 11 pays toujours engagés dans le Partenariat transpacifique (PTP), dont le Canada, ont finalement conclu une entente sur certains éléments-clés de ce futur accord de libre-échange, qui fait l'objet d'une renégociation depuis que les États-Unis ont décidé de s'en retirer.

Lors d'une rencontre tenue en marge du sommet annuel du forum de l'Asie-Pacifique (APEC), au Vietnam, ils ont notamment convenu de maintenir des dispositions portant sur les normes environnementales et sur les normes du travail qui figuraient dans le projet d'accord initial.

Ces dispositions prévoient par exemple que tous les pays membres doivent éliminer le travail des enfants, avoir des lois et des pratiques préconisant « des conditions de travail acceptables » et défendre le droit à des négociations collectives.

Certains pays, dont le Vietnam et la Malaisie, souhaitaient ne pas être assujettis à de telles dispositions, ce que le Canada jugeait inacceptable. Ils ont finalement changé d'idée, a indiqué le ministre fédéral du Commerce international, François-Philippe Champagne. L'accord sur ces éléments a été annoncé tôt samedi matin, heure locale.

Beaucoup de travail reste cependant à faire sur de nombreux points qui demeurent en litige, dont des questions touchant à l’agriculture et au système de gestion de l’offre, à l’industrie automobile et à l’industrie culturelle, pour n’en nommer que quelques-unes.

Le communiqué de neuf paragraphes présenté aux journalistes par le ministre Champagne souligne la volonté des 11 pays membres du PTP de poursuivre les négociations en vue d’un accord final, sans qu'il y ait pour autant une entente de principe, comme l’avait espéré le gouvernement japonais plus tôt cette semaine.

Un accord important pour le Canada

Le Partenariat transpacifique, qui vise l’abolition de 18 000 barrières tarifaires entre les 11 pays membres, donnerait au Canada un accès privilégié à plusieurs marchés, dont le Japon, l'Australie et le Vietnam.

Le titulaire de la Chaire Stephen-A.-Jarislowsky en gestion des affaires internationales à l'Université Laval, Zhan Su, estime que cette renégociation est cruciale pour le Canada afin de diversifier ses marchés dans un contexte de mondialisation.

« Le centre de gravité économique est en train de se déplacer vers l’Asie où il y a beaucoup de nouveaux marchés », fait-il valoir.

Il salue également la décision du gouvernement canadien de revoir certaines dispositions de cette entente avant d’en arriver à un accord de principe final.

« On veut promouvoir les échanges multilatéraux et nous avons des intérêts, mais pas à n’importe quel prix. Il faut voir dans quelle mesure on est prêt à céder et quels sont les éléments qu’on doit défendre », souligne-t-il.

M. Su convient également que le retrait des États-Unis des pourparlers change la donne. « Les douze pays représentaient 40 % de l’économie mondiale et les États-Unis représentent 25 %, [avec leur retrait] il nous reste seulement 15% », souligne-t-il.

Le Canada blâmé pour l'absence d'accord de principe

Il faut dire que la journée avait plutôt mal commencé pour la rencontre des pays membres du PTP. La réunion avait dû être annulée en raison du prolongement indu d'une rencontre privée entre le premier ministre du Canada et son homologue japonais Shinzo Abe. La rencontre bilatérale a duré plus de cinquante minutes, soit beaucoup plus longtemps que prévu.

Les dirigeants des neuf autres pays du PTP attendaient les deux premiers ministres pour la réunion qui devait leur permettre d’évaluer les différentes options pour la suite des négociations. C’est finalement Shinzo Abe qui est venu leur annoncer que la rencontre n’allait pas avoir lieu, selon divers médias.

Le Japon avait déjà annoncé jeudi que les 11 étaient parvenus à un accord de principe. Vendredi, Shinzo Abe a affirmé de nouveau que les ministres du Commerce s’étaient entendus, mais que le Canada « a dit aujourd’hui qu’il n’est pas prêt à annoncer qu’il y a une entente ».

« Tous les autres dirigeants sont prêts, quant à eux, à confirmer qu’il y a un accord sur le plan ministériel », a-t-il ajouté.

La première ministre néo-zélandaise, Jacinda Ardern, a elle aussi blâmé Ottawa, affirmant au New Zealand Herald que la rencontre a été annulée parce que le Canada ne s’était pas présenté à la réunion.

Le gouvernement du Canada s'est contenté de son côté de déclarer que les négociations ministérielles se poursuivaient.

Pas le seul pays à vouloir négocier

La ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland a défendu la position de son gouvernement. Elle a expliqué que le Canada n’était pas le seul pays à vouloir prendre le temps de négocier. Selon elle, « quelques » pays ont soulevé des points qu’ils aimeraient modifier. Elle s’est toutefois gardée de les nommer et de spécifier quels étaient les points en litige.

« Ce sont des négociations très complexes, a-t-elle indiqué. Nous croyons que c’est important d’avoir un bon accord, pas n’importe lequel. Pour cette raison, c’est important de travailler pour un accord qui sera un bon accord. »

En raison du retrait des États-Unis du partenariat plus tôt cette année, certains pays parmi les 11 souhaitent y apporter certaines modifications. Le Canada, par exemple, veut revoir certaines dispositions en matière d’agriculture, de pièces automobiles et de propriété intellectuelle. Le gouvernement se fait toutefois avare de détails.

Rencontre avec Aung San Suu Kyi

Justin Trudeau a aussi rencontré la dirigeante du Myanmar, Aung San Suu Kyi.

Ce pays est accusé de crimes contre l'humanité par plusieurs pays et des organisations non gouvernementales. Des centaines de milliers de Rohingyas, la minorité musulmane du pays, ont fui les persécutions de la majorité bouddhiste, ce qui a provoqué une grave crise humanitaire.

Selon un compte rendu fourni par le bureau du premier ministre, M. Trudeau « a souligné que le Canada est disposé à s’engager de façon soutenue concernant cette situation ».

Avec les informations de Philippe-Vincent Foisy

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