ANALYSE - Le parti québécois n'est plus le parti du référendum sur l'indépendance. Il n'est plus le parti de la convergence souverainiste. Exit aussi la charte des valeurs vue comme un boulet électoral. À un peu plus d'un an des élections, réflexion sur un parti en quête d'identité.

Un parti politique n’est pas une marchandise. Il n’est pas non plus un produit. Mais sa « mise en marché » n’en est pas moins importante. Après tout, il est engagé dans un concours de popularité dont le prix est le pouvoir. Pour gagner les élections, il doit avoir une identité, facilement reconnaissable, basée sur quelques références idéologiques.

Dans le paysage politique québécois, l’idéologie de quel parti est la mieux définie?

Probablement Québec solidaire. Le parti s’assume à gauche, son discours ne change pas au fil des sondages, il est de plus en plus indépendantiste affiché.

Ensuite? Le parti libéral? Plutôt au centre, il se définit lui-même comme le parti de l’économie, fédéraliste.

Et après? Pas sûr entre la CAQ et le PQ. La CAQ est plus à droite, elle veut réduire l’État, être nationaliste, mais ne veut pas être qualifiée de fédéraliste.

Le PQ? Depuis bientôt 50 ans, sa raison d’être est l’indépendance. Ses passages au pouvoir ont démontré qu’il avait une préoccupation particulière pour l’identité et le filet social.

L’an dernier, Jean-François Lisée en est devenu le chef en se faisant élire sur la promesse de ne pas tenir de référendum sur l’indépendance avant 2022. Une bonne idée selon les sondages. Ils disent que les Québécois n’appuient plus l’idée fondatrice du PQ. La décision était peut-être pragmatique, mais on constate aujourd’hui qu’elle était surtout audacieuse. Depuis quelques semaines on comprend pourquoi.

Quand vous achetez un billet pour aller voir la pièce Broue et que les comédiens se mettent à déclamer la pièce façon Shakespeare, aussi bons soient-ils, il y a, disons, une période d’adaptation. Un choc identitaire. C’est dans cette période de transition que le PQ se trouve. Pas de référendum avant 2022? Pas de convergence? Pas de charte des valeurs? Alors quoi? Comment le PQ version 2017 se définit-il? Quelle est son identité?

Jean-François Lisée doit redéfinir les contours de son identité. Il a lui-même forcé ce recadrage.

On a eu un premier aperçu de ce qu’il veut faire, en fin de semaine, quand il a annoncé un « virage vert ». Il s’opposera au pipeline Énergie Est. Il réduira la dépendance au pétrole. Il investira dans le transport en commun. Et améliorera l’efficacité énergétique.

Il en a rajouté dans une entrevue à L’Actualité en disant qu’il y aurait quatre autres piliers à l’identité qu’il veut donner à son parti : « les services publics, l’identité québécoise, le succès des immigrants et le nationalisme économique ».

On présume qu’il dévoilera une à une ses idées d’ici les élections. Mais on note qu’il ne parle pas d’indépendance. Il devra être convaincant parce que l’idée qui le distinguait de ses adversaires n’est plus au cœur de ses priorités.

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