Retour

Pas d'entente sur la santé entre Ottawa et les provinces

Le gouvernement fédéral, qui propose désormais une hausse de 3,5 % de ses transferts en soins de santé, n'a pas réussi à convaincre les provinces et les territoires.

Le constat d’échec a été fait, lors d’un point de presse, par les ministres fédéraux de la Santé et des Finances, Jane Philpott et Bill Morneau.

Ils ont été incapables de dire clairement si la porte des négociations demeurait ouverte, se contentant de répéter que leur gouvernement est constamment en quête des meilleurs moyens pour améliorer l'accès aux soins de santé des Canadiens.

Dans sa dernière offre bonifiée, Ottawa propose de porter ses transferts en soins de santé à 3,5 % annuellement, et ce, pour 5 ans. Il entend aussi investir 11,5 milliards de dollars : 6 milliards de dollars sur 10 ans pour les soins de santé à domicile (incluant 1 milliard pour les infrastructures) et 5 milliards pour les soins en santé mentale.

Une enveloppe de 500 millions de dollars est également prévue pour informatiser les dossiers et faire baisser le coût des médicaments.

Toutefois, en l'absence d'une entente, le ministre Bill Morneau a fait savoir que l'offre bonifiée est retirée et que, par conséquent, la hausse des transferts sera de 3 % à compter du 1er avril prochain, comme prévu initialement. On ignore cependant comment Ottawa compte procéder pour distribuer les 3 milliards de dollars que Justin Trudeau avait promis pour les soins à domicile.

Nous sommes arrivés avec une offre de financement significative pour les provinces. […] Nous sommes déçus qu’on n’ait pas réussi.

Le ministre des Finances Bill Morneau

Un peu plus tôt, les ministres provinciaux de la Santé avaient rejeté unanimement la proposition fédérale, qu'ils assimilent à un « ultimatum », et avaient réclamé une véritable négociation.

Prenant la parole tout juste avant d'aller assister à la rencontre fédérale-provinciale dans une salle de conférence du Château Laurier, à Ottawa, les ministres manitobain et québécois de la Santé, Kelvin Goertzen et Gaétan Barrette, ont pourfendu l'approche préconisée par le gouvernement fédéral.

L'entente fédérale-provinciale conclue sous le gouvernement Harper accordait une hausse annuelle de 6 % des transferts en santé aux provinces, mais prévoyait qu'elle soit limitée à 3 % dès l’an prochain, au grand dam des provinces, qui doivent faire face au vieillissement de leur population.

Les provinces veulent négocier encore

En réaction à l’annonce fédérale, le ministre québécois de la Santé a déploré que « le fédéralisme de collaboration », promu par les libéraux, n’ait pas fonctionné dans les négociations sur la santé.

Gaétan Barrette a notamment expliqué que l’offre du gouvernement Trudeau entraînera « une réduction de 51 milliards de dollars sur 10 ans » de la part fédérale de financement.

Moins incisif qu’en matinée, Gaétan Barrette a réitéré la volonté des provinces de poursuivre les négociations pour en arriver à une entente, soutenant qu’un dossier aussi complexe ne peut être réglé en l’espace de deux heures de tractations.

Nous sommes prêts à continuer la négociation. Ce dossier ne peut être terminé aujourd’hui, mais ne sera jamais terminé. Il ne peut se résoudre que par la collaboration.

Gaétan Barrette

Front commun

Lors de leur point de presse à l'issue des négociations, les ministres provinciaux de la Santé n’ont pas été tendres à l’endroit du gouvernement fédéral.

Tour à tour, ils ont qualifié de « déraisonnable » l'offre d’Ottawa, la jugeant insuffisante pour « combler les besoins » des provinces et territoires, qui font face à une explosion des dépenses en soins de santé.

Le ministre manitobain de la Santé, Kelvin Goertzen, a « imploré » le fédéral d'écouter leur point de vue. Ottawa ne peut pas continuer à faire « des menaces » et à lancer « des ultimatums », a-t-il dit.

Gaétan Barrette a proposé de maintenir la hausse des transferts en santé à 6 % pour l’année 2017 et d’entreprendre des négociations pour parvenir, dès l’an prochain, à une entente pour les années subséquentes. À défaut d'une entente bonifiée, a-t-il prévenu, les provinces ne pourront pas développer les services espérés pour le maintien à domicile et la santé mentale. « On ne peut tout simplement pas le faire », a-t-il déclaré.

Il a même menacé de claquer la porte. « Il n'y a aucun doute que si la proposition reste telle quelle, on va quitter la table », a-t-il lancé.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un homme sauve un faucon d'une attaque de serpent





Rabais de la semaine