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Pas de hijab et de turban au SPVM s'il n'en tient qu'au PQ et à la CAQ

L'ouverture manifestée par la mairesse de Montréal, Valérie Plante, à la possibilité de permettre le port du hijab et du turban par les agents du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a suscité quelques réactions de l'opposition à Québec, mercredi.

Alors que le gouvernement libéral s’est fait discret sur ce point soulevé par le doyen du conseil municipal de Montréal, Marvin Rotrand, le Parti québécois (PQ) et la Coalition avenir Québec (CAQ) ont quant à eux exprimé leurs réserves.

« La réponse des Québécois est claire depuis le rapport Bouchard-Taylor en 2007 : il faut interdire les signes religieux aux personnes en situation d’autorité, aux personnes qui sont en situation de coercition envers les Québécois. C’est tout », a offert en guise de réponse la députée péquiste Agnès Maltais, porte-parole de l'opposition officielle en matière de laïcité.

La députée de Taschereau, qui a par ailleurs récemment annoncé son départ de la politique active, a ajouté que Valérie Plante « se détache de l’opinion majoritaire au Québec » avec sa position sur le port de signes religieux par les policiers.

« L’île de Montréal n’est pas une île en soi : elle est dans une société qui a des balises nationales », a ajouté Mme Maltais, laissant présager que la question pourrait bien se retrouver une fois de plus au centre des débats lors des élections d’octobre prochain.

Le chef de la CAQ, François Legault, n’a rien fait pour atténuer cette impression. Mercredi matin, il s’est tourné vers les réseaux sociaux pour faire connaître sa position à ce sujet.

« Les policiers ne doivent pas porter de signes religieux. Comme les juges, les procureurs et les gardiens de prison, les policiers représentent l’État. Il est temps de régler cette question de façon responsable une fois pour toutes. Vivement le 1er octobre! » a-t-il écrit sur Twitter.

La réflexion de Valérie Plante

Mardi, Marvin Rotrand s’est demandé publiquement pourquoi les corps policiers de Toronto, de Vancouver, de Calgary, d'Edmonton, de Mississauga et de la municipalité régionale de Peel permettent tous le port du foulard islamique et du turban sikh, mais pas ceux de Montréal.

Le conseiller de Snowdon a donné l’exemple du ministre canadien de la Défense nationale, Harjit Singh Sajjan, qui porte le turban et qui a servi dans la police de Vancouver avant de faire carrière dans les Forces armées canadiennes.

En réaction, la mairesse s’est alors dite « en faveur que le SPVM réfléchisse à ce qui doit être mis en place pour soutenir la pleine participation de tous les Montréalais et les Montréalaises qui souhaitent entrer dans le service de police ».

Mercredi, le chef de l'opposition officielle à l'Hôtel de Ville, Lionel Perez, s'est dit « content » de la sortie de la mairesse, ajoutant toutefois un bémol. « On aurait préféré qu’elle donne une orientation au SPVM d’aller de l’avant sur cet enjeu. À Montréal, de nos jours, on est une société pluraliste, on a énormément de diversité. Si on veut permettre une meilleure intégration, on devrait aller de l’avant », a-t-il déclaré.

La « neutralité religieuse »

On le sait, le gouvernement Couillard ne s’oppose pas au port de signes religieux par les employés de l'État en position d'autorité.

En octobre dernier, les libéraux ont adopté le projet de loi 62, à 66 voix contre 55, à l’Assemblée nationale. Le texte instaure notamment la « neutralité religieuse » de l’appareil d’État québécois.

Contrairement à ce que proposait le rapport de la commission Bouchard-Taylor et à ce que souhaitaient les partis d'opposition, la nouvelle loi n’interdit pas aux juges, aux gardiens de prison ou aux policiers, notamment, le port de signes religieux.

Elle oblige plutôt les employés des organismes publics et parapublics à exercer leurs fonctions à visage découvert pour des questions de sécurité et de communication.

La CAQ avait qualifié la nouvelle loi de « fouillis total », tandis que le PQ avait déclaré qu’il était clair que le Parti libéral n’appliquerait pas sa loi avant l’élection du 1er octobre.

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