Il n'est pas rare de voir des jeunes passionnés de jeux vidéo, de sport ou de musique.

Un texte de François Vigneault

Il est toutefois plutôt inhabituel d'en rencontrer qui sont passionnés... de politique. À 11 ans, Antoine Chiasson de Shippagan, dans la Péninsule acadienne, est un peu l'exception qui confirme la règle.

Il aime tellement ça qu'après l'école, il s'installe confortablement au sous-sol chez ses grands-parents pour regarder à la télévision la période de questions à la Chambre des communes. Il scrute les moindres faits et gestes des députés.

« Il faut qu'ils se lèvent: "Monsieur le président"! Tu as des débats puis des fois, ça devient drôle », s'exclame-t-il.

Un livre qui a tout changé

L'intérêt d'Antoine pour la politique a émergé il y a deux ans en lisant Le grand livre des premiers ministres du Canada. Depuis, il en apprend sur le rôle du Parlement, des partis politiques, des députés et des ministres.

« D'habitude, je vais sur le site du Parlement puis je regarde leur nom, leur circonscription, qu'est-ce qu'ils ont fait avant, comment ils ont été élus », explique-t-il.

Il peut même énumérer la liste de tous les premiers ministres canadiens qui se succédés au fil des élections. Il peut aussi associer la grande majorité des ministres avec le ministère dont ils ont la responsabilité.

Une visite de rêve

En novembre, son grand-père, Jean-Pierre Hébert, qui s'intéresse aussi à la politique, lui a fait tout un cadeau. Il a amené son petit-fils découvrir le Parlement canadien à Ottawa. Une visite mémorable.

« C'est la passion qu'il met dedans. Il n'a jamais de demi-mesures », dit son grand-père.

De toute évidence, Antoine n'est pas passé inaperçu à Ottawa même auprès de la personne qui servait de guide durant la visite.

« Il disait que je venais inspecter l'endroit pour plus tard puis que je venais choisir mon cabinet. Monsieur Marc Garneau, ministre des Transports, m'a regardé: "Moi, je veux le ministère des Finances" », explique Antoine, sourire en coin.

Le jeune garçon est tellement passionné qu'il s'est installé un bureau improvisé de député au sous-sol chez ses grands-parents.

« Je m'habille avec la toge d'avocate à ma mère puis je fais comme si je suis le président de la Chambre », lance-t-il en riant.

Antoine Chiasson, qui dit ne pas avoir pour l'instant de parti préféré, reconnaît toutefois que tout n'est pas parfait en politique.

« Bein des fois il y a des scandales, des fois des politiciens corrompus », lance-t-il.

Il aimerait devenir premier ministre

Sa plus grande déception, c'est de ne pas avoir rencontré le premier ministre, Justin Trudeau, qui se trouvait à l'extérieur du pays lors de sa visite au Parlement.

« Parce que c'est quand même ce que je veux devenir, j'aurais aimé ça qu'il aurait pu me connaître. »

Et si un jour il devient premier ministre du Canada, quelles seront ses priorités?

« Je ne le sais pas trop encore, je veux m'attaquer sur les problèmes lorsque je serai là », dit Antoine le plus sérieusement du monde.

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