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Pensionnats autochtones à T.-N.-L. : 50 millions pour les victimes

Une entente de 50 millions de dollars a été conclue mardi pour des centaines de survivants d'écoles résidentielles à Terre-Neuve-et-Labrador, après un recours collectif contre le gouvernement fédéral.

Les ex-résidents des pensionnats autochtones recevront aussi 2 millions de dollars en guise de réconciliation et de guérison. Les avocats des plaignants affirment que ce sont entre 750 et 900 personnes qui seront ainsi indemnisées.

Un de ceux-là, Toby Obed a vécu l'enfer dans un pensionnat. Il a été battu et agressé sexuellement. À l'annonce du règlement, il a fondu en larmes.

« C'est fini, c'est enfin fini. Je n'ai plus besoin d'aller en cour, plus besoin de témoigner. Après dix ans, je peux enfin laisser l'enfant sortir de moi, je peux laisser aller cet enfant. »

Même si les avocats ne peuvent lier le premier ministre Justin Trudeau aux événements qui ont fait en sorte que des centaines de ces résidents ont subi des abus dans ces écoles, plusieurs observateurs s'attendent à ce que le premier ministre canadien présente ses excuses au nom du gouvernement.

Près du tiers du montant du règlement devrait être versé aux avocats des plaignants, qui font partie de trois grandes firmes.

Les avocats en recours collectif soutiennent que les avocats du gouvernement ont tout fait pour faire dérailler le processus, jusqu'à ce que les libéraux prennent le pouvoir à l'automne 2015.

Le juge Robert Stack doit statuer à la fin de septembre à savoir si la cour accepte cette entente à l'amiable.

Les avocats des plaignants arguaient que le gouvernement fédéral avait failli dans sa responsabilité envers les autochtones de la province, après que Terre-Neuve-et-Labrador s'est jointe à la Confédération canadienne en 1949.

Les avocats du gouvernement fédéral soutenaient que le Canada n'avait pas aménagé ni géré ces écoles et qu'il ne pouvait être tenu pour responsable du sort des élèves.

Des témoignages percutants

Cindy Dwyer a témoigné qu'elle avait été agressée physiquement et sexuellement quand elle était pensionnaire au Labrador.

La femme de la communauté de Nain allait à l'école de North West River et a raconté que sa comparution en cour l'avait laissée avec des symptômes de stress post-traumatique.

Le recours collectif a été lancé après que le gouvernement fédéral eut accordé plus de 4 milliards de dollars aux victimes des pensionnats autochtones et présenté ses excuses. L'entente ne concernait pas les pensionnaires de Terre-Neuve-et-Labrador parce que le gouvernement affirmait que la province ne faisait pas partie de la Confédération au moment des faits reprochés.

« Je veux que tout le monde songe à tout ce que nous avons perdu pendant ces années », déplore Cindy Dwyer.

Les avocats des plaignants affirment que des dizaines d'anciens pensionnaires sont morts depuis 2007.

Cindy Dwyer souhaite que Justin Trudeau se rende éventuellement au Labrador pour s'excuser auprès des anciens pensionnaires comme elle.

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