Percé continue de vivre d'intenses divisions depuis la démission du maire André Boudreau et de cinq conseillers municipaux lundi dernier. Les six élus ont pris cette décision dans la foulée de la victoire du non au référendum sur un règlement d'emprunt visant à aménager une nouvelle rue commerciale à Percé.

Michel Méthot, l'un des trois conseillers non démissionnaire, accuse l'ex-maire Boudreau d'avoir consulté uniquement sa garde rapprochée, soit les cinq conseillers qui ont claqué la porte avec lui. Lui-même et ceux qui étaient contre le règlement d'emprunt de 1,8 million dollars, étaient systématiquement écartés des décisions, dit-il.

« On n'a jamais été écouté en trois ans, soutient Michel Méthot, on a refusé ma participation partout, on a refusé des renseignements, on a été obligé de courir à l'accès à l'information pour avoir deux, trois petits renseignements qu'il aurait pu nous donner dans la minute même. On a carrément voulu nous tasser. »

Hasard ou signe des tensions qui divisent la population, le conseiller municipal Michel Méthot a été victime de vandalisme dans la nuit de mercredi. « Ça se pourrait qu'il y ait un lien, croit-il, parce qu'il ne faut pas s'en cacher, la moitié du village ne m'aime pas bien, bien, parce que j'étais du côté du non et on a gagné. »

Michel Méthot fait partie des trois conseillers qui n'ont, dans les faits, plus de pouvoir depuis lundi dernier. En effet, en raison du peu d’élus toujours en poste, c’est la Commission des affaires municipales qui a pris en charge l’administration de la Ville.

Divisions Maire de Percé jusqu’en 2013, Bruno Cloutier, soutient qu’il n'a jamais vu une telle division dans la population et à l'Hôtel de Ville. « Ç’a créé des petites gangs, toi tu es bon, les autres ne sont pas bons, ce n'est pas de même que ça marche un conseil municipal », commente l’ancien maire.

Bruno Cloutier. qui a été maire de Percé pendant quatre ans et directeur général de la Ville durant une trentaine d'années estime que la division s’est aussi transposée dans la population.

Ce n’est pas normal que le monde de Barachois, le monde de Saint-Georges, le monde de Cap-D’Espoir, peu importe, se crient des bêtises. La division n’a jamais rien réglé.

Bruno Cloutier, maire de Percé de 2009 à 2013

Il souhaiterait que des élections soient déclenchées rapidement pour un mandat de quelques mois, soit jusqu'au scrutin qui aura lieu partout au Québec en novembre 2017. Si tel était le cas, il aimerait se présenter pour faire le pont entre les deux équipes.

Je suis prêt à être maire intérimaire pour régler les dossiers qui sont en suspens, notamment le quai, qui est la priorité des priorités.

Bruno Cloutier, maire de Percé de 2009 à 2013

ÉlectionsEn théorie, la juge France Thériault, qui a été nommée administratrice par la Commission des affaires municipales, devrait demeurer en poste jusqu’aux élections municipales générales en novembre 2017.Toutefois, l’ancien maire n’est pas le seul à réclamer des élections.

La préfète de la MRC du Rocher-Percé, Nadia Minassian et le député de Gaspé, Gaétan Lelièvre, ont tous deux demandé l’intervention du ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux, en raison des dossiers comme la réfection du quai ou la restauration de la promenade qui exigeront d’importantes prises de décision au cours des prochains mois. Des retards dans ces dossiers pourraient s’avérer coûteux pour la principale destination touristique de la Gaspésie.

À la différence de l’ancien maire, Gaétan Lelièvre et Mme Minassian souhaitent que le ministre adopte un projet de loi privé pour devancer les élections municipales générales et permettre à Percé d’avoir un nouveau conseil au printemps plutôt qu’en novembre.D'après les informations de Martin Toulgouat

Plus d'articles