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Pétrolia plaidera sa cause cet après-midi auprès de Couillard

C'est cet après-midi que le premier ministre Couillard rencontrera les dirigeants de Pétrolia, l'entreprise avec laquelle le gouvernement du Québec s'est associé pour évaluer le potentiel gazier et pétrolier de l'île d'Anticosti.

Cette rencontre a été sollicitée deux fois plutôt qu'une par le président de la pétrolière après que M. Couillard y est allé d'une multitude de déclarations établissant sa volonté de protéger l'île et son opposition à l'entente avec Pétrolia et d'autres partenaires conclue par le gouvernement Marois.

Alexandre Gagnon avait fait une première sortie publique le 15 février pour réclamer une rencontre avec le premier ministre. « Philippe Couillard semble remettre en question le respect des contrats », s'était-il plaint à cette occasion.

Le lendemain, Philippe Couillard avait accepté de rencontrer Pétrolia, mais tout en maintenant la ligne dure envers le projet d'exploration à Anticosti. « Je veux travailler avec Pétrolia pour leurs autres projets », avait-il laissé tomber.

N'ayant obtenu aucune réponse du gouvernement deux semaines plus tard, Alexandre Gagnon a réitéré sa demande le 29 février. « Nous demeurons toujours sans nouvelles et dans l'attente d'une convocation de votre part », écrivait-il dans un communiqué.

Interrogé au sujet de la rencontre de cet après-midi, le ministre des Ressources naturelles, Pierre Arcand, est demeuré laconique.

« Il y a des rencontres qui vont se faire de façon confidentielle pour l'instant. Je dois vous dire que nous allons écouter ce qu'ils ont à nous dire. Nous, on s'est engagés à dire : "écoutez, le contrat est respecté. On suit les lois du Québec." Pour l'instant, c'est ça », s'est-il borné à dire.

Pétrolia et Québec sont tous deux actionnaires du projet d'exploration gazière et pétrolière sur Anticosti. Le gouvernement détient 35 % des parts par l'intermédiaire de Ressources Québec, tandis que Pétrolia, Corridor Ressources et Saint-Aubin possèdent chacun 21,7 % des parts.

L'opposition exige le respect de la signature de l'État

S'adressant à la presse mercredi matin, les chefs du Parti québécois et de la Coalition avenir Québec, Pierre Karl Péladeau et François Legault, ont pressé le gouvernement Couillard de respecter la signature du Québec dans ce dossier.

Soulignant l'autorisation accordée par Québec à la pétrolière TransCanada pour faire des levés sismiques dans le cadre du projet Énergie Est, le chef péquiste a déploré le double discours du gouvernement en matière d'infrastructures pétrolières.

« D'un côté, on donne des autorisations sur un projet; de l'autre [...] vous vous souviendrez que le premier ministre a dit que les autorisations ne seraient pas données » pour l'exploitation gazière à Anticosti, les mettant « dans une situation assez délicate ».

Le premier ministre a effectivement déclaré il y a un mois que les fonctionnaires obéiront aux ordres du gouvernement lorsqu'ils se prononceront sur les demandes d'autorisation pour les forages pétroliers sur l'île d'Anticosti. « Ils feront ce qu'on leur dira », avait-il dit.

François Legault, qui a rencontré les dirigeants de Pétrolia lundi, a soutenu que ces derniers « semblent découragés » par la tournure des évènements.

« Philippe Couillard ne semble pas vouloir respecter un contrat signé par le gouvernement du Québec, ne semble pas intéressé même à explorer l'île d'Anticosti pour voir les possibilités en termes de gaz et de pétrole. On parle possiblement de dizaines de milliards de dollars », a-t-il dit.

« Donc moi, j'invite Philippe Couillard à s'intéresser à la création de richesse », a-t-il ajouté. « Si on veut se payer les services publics qu'on souhaite, si on veut réduire les impôts des Québécois, il faut explorer l'île d'Anticosti. »

« Si le premier ministre recule sur ses déclarations passées, je vais être le premier à l'applaudir », a assuré le chef de la CAQ.

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