Philippe Couillard a pris la défense de son chef de cabinet Jean-Louis Dufresne, mercredi soir. Pendant la journée, les partis de l'opposition ont talonné le premier ministre sur les liens entre M. Dufresne et Marc Bibeau, ancien collecteur du Parti libéral du Québec qui a fait l'objet d'une enquête de l'UPAC.

« Je suis renversé de voir que M. Bibeau [de Schokbéton] avait un accès direct au gouvernement Charest [...] par l'intermédiaire de M. Dufresne, chef du cabinet du premier ministre et de Violette Trépanier », s'est exclamé le chef de la CAQ, François Legault.

Ce à quoi Philippe Couillard a répondu que ni Marc Bibeau ni Violette Trépanier n'ont d'influence actuellement sur le gouvernement du Québec. Il a rappelé qu'à son arrivée au mois de mars 2013 que Mme Trépanier ne s'occupait plus du financement, mais des cartes de membres. Elle allait écouler les semaines restantes de son contrat, jusqu'en juin 2013 où elle est partie.

Quant à Jean-Louis Dufresne, ce n'est qu'à l'occasion d'un mandat confié par BCP – firme de relations publiques pour laquelle il travaillait – qu'il a été en contact avec Marc Bibeau, assure le premier ministre. « M.Dufresne a indiqué dans sa déclaration qu'il n'a eu aucun contact avec Bibeau après ce contrat », soutient-il. Il ne voit rien à dire sur « l’exécution d’un mandat professionnel régulier, légal et tout à fait éthique pour un professionnel en communications de donner un service à un client. »

À l'embauche de M. Dufresne, Philippe Couillard dit s'être assuré que son futur chef de cabinet avait rompu tous ses contrats et qu'aucun contrat ne le mettait en conflit d'intérêts et qu'il avait subi toutes les enquêtes de sécurité, y compris celle de l'Unité permanente anticorruption (UPAC).

« Ne vous rendez-vous pas compte aujourd’hui qu’il est très dommageable pour votre réputation éthique de maintenir autour de vous des gens si impliqués dans l’administration précédente qui est aujourd’hui sous enquête pour accusations criminelles? » a demandé pour sa part Jean-François Lisée, chef du Parti québécois.

Des travaux sur une partie fédérale du pont Mercier

« Est-ce que le premier ministre savait en embauchant Jean-Louis-Dufresne, qu'il avait été l'intermédiaire entre Marc Bibeau et le gouvernement Charest entre autres pour défendre la clause Schokbéton qui obligeait d'embaucher l'entreprise de M. Bibeau pour faire le béton dans le contrat du pont Mercier? » a demandé M Legault.

Le contrat de l'entreprise Schokbéton sur le pont Mercier réfère au Mohawk Bridge Consortium, a précisé Pierre Moreau, président du Conseil du Trésor. Dans les corridors de l'Assemblée nationale, l'ancien ministre des Transports a indiqué aux médias que l'entreprise de M. Bibeau travaillait sur une portion de juridiction fédérale du pont et n'avait donc aucun lien avec son ancien ministère.

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