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Plaidoyer pour accroître l'immigration francophone hors Québec

La langue française perdra de son influence au Canada si Ottawa ne fait rien de concret pour accroître le nombre d'immigrants francophones et améliorer leur répartition dans le pays, a affirmé vendredi la commissaire aux langues officielles par intérim.

Ghislaine Saikaley y est allée de cette observation à l'occasion du forum fédéral-provincial-territorial sur l'immigration francophone qui se déroule à Moncton, au Nouveau-Brunswick. Ses homologues ontarien et néo-brunswickoise, François Boileau et Katherine d’Entremont, participent aussi à l’événement.

Selon Mme Saikaley, il est essentiel que tous les ordres de gouvernement « redoublent d'efforts pour accroître l'immigration dans les communautés francophones » afin qu’elle puisse contribuer « au maintien, voire à l'augmentation [de leur] poids démographique ».

L'avenir des communautés de langue française est menacé à plusieurs endroits au Canada, notamment en Ontario, province la plus peuplée du pays, et dans les provinces de l'Ouest.

Le gouvernement Trudeau a remis en place le 1er juin dernier un programme qui simplifie le processus d'embauche de travailleurs étrangers francophones hors Québec. Ce programme, rebaptisé Mobilité francophone, avait été aboli par le gouvernement conservateur deux ans plus tôt, au grand dam de la Fédération des communautés francophones et acadiennes.

Depuis cette date, les employeurs en situation minoritaire à l'extérieur du Québec qui veulent embaucher des travailleurs francophones étrangers n’ont plus besoin de démontrer qu'aucun Canadien ou résident permanent qualifié n'est disponible pour occuper le poste à combler.

Ottawa souhaite ainsi que les nouveaux arrivants qui maîtrisent la langue de Molière représentent 4,4 % de tous les immigrants économiques qui s'établissent à l'extérieur du Québec. À l'heure actuelle, ce taux se situe plutôt autour de 2 %.

Au Nouveau-Brunswick, puisque les communautés anglophone et francophone ont un statut constitutionnel d'égalité, Katherine d’Entremont estime que les politiques gouvernementales doivent garantir le maintien du poids démographique des francophones, qui représentent un tiers de la population.

À l’extérieur du Québec, seulement 3,8 % de la population avait le français comme langue maternelle en 2011, mais ce pourcentage pourrait perdre jusqu'à un point d'ici 2036, selon des projections récentes de Statistique Canada.

D'après l’agence fédérale, près d'un Canadien sur deux sera issu de l'immigration en 2036. Les Franco-Canadiens pourraient ainsi représenter 21 % de la population canadienne, contre 23 % à l'heure actuelle.

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