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Plus d'argent demandé pour la francophonie à l'Île-du-Prince-Édouard

L'organisme porte-parole de la francophonie à l'Île-du-Prince-Édouard demande au gouvernement provincial de délier les cordons de la bourse pour les organismes communautaires de langue française et les services en français dans son prochain budget.

Un texte de François Pierre Dufault

Les dirigeants de la Société Saint-Thomas d'Aquin (SSTA) ont fait part de leurs priorités au nouveau ministre des Finances, Heath MacDonald, jeudi, lors d'une consultation prébudgétaire à Summerside.

L'organisme s'attend à ce que le gouvernement fédéral augmente le financement destiné aux communautés francophones en situation minoritaire dans son prochain Plan d'action pour les langues officielles, attendu ce printemps.

« C'est important que le gouvernement provincial égale la contribution de Patrimoine canadien pour les langues officielles », a déclaré Guy Labonté, président de la SSTA, en entrevue avec Radio-Canada, jeudi.

Les fonds versés à parts égales par Ottawa et Charlottetown à la communauté francophone de l'Île-du-Prince-Édouard n'ont pas été bonifiés depuis près de 15 ans. Avec l'augmentation du coût de la vie durant cette période, ce gel prolongé équivaut à une réduction de près du quart du financement, selon Aubrey Cormier, directeur général de la SSTA.

Aubrey Cormier estime qu'avec la venue du Congrès mondial acadien à l'Île-du-Prince-Édouard et dans le sud-est du Nouveau-Brunswick en 2019, et le 300e anniversaire de la présence française à l'île en 2020, le gouvernement libéral de Wade MacLauchlan a l'occasion de démontrer son engagement envers le développement de la francophonie.

Services en français

La Société Saint-Thomas d'Aquin souhaite aussi que Charlottetown profite du prochain exercice budgétaire pour désigner davantage de services publics en vertu de la Loi sur les services en français. L'organisme se dit encouragé par la désignation de trois nouveaux services à la fin décembre, mais souligne qu'il y a encore du travail à faire.

« Je veux que le ministère des Finances soit conscient des besoins de la communauté francophone. Nous voulons désigner plus de services pour la communauté. Il y a des désignations qui n'engendrent pas de dépenses supplémentaires, d'autres oui », affirme Guy Labonté.

Il y a présentement six services en français désignés à l'Île-du-Prince-Édouard.

Lorsqu'un service est désigné en vertu de la loi de 2013, le gouvernement provincial a l'obligation de l'offrir en français ou en anglais au choix de la personne et dans une qualité comparable dans les deux langues.

Certains services à la clientèle au centre Accès Î.-P.-É. à Wellington, dans la région Évangéline, devraient recevoir la désignation ce printemps, selon nos informations. La SSTA aimerait qu'il en soit de même pour le centre Accès Î.-P.-É. à Summerside.

Le ministre Heath MacDonald, promu aux Finances lors d'un remaniement ministériel à peine une journée avant la consultation prébudgétaire à Summerside, jeudi, n'a pas pris d'engagement clair à l'égard de la francophonie insulaire. Mais il a dit prendre bonne note des demandes de la SSTA.

Le prochain budget provincial est attendu au début du printemps.

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