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Plus de 450 propositions seront débattues au Congrès du PQ

Réforme des institutions démocratiques, protection de la langue française, revitalisation des régions... Les débats promettent d'être vifs au Congrès national du Parti québécois (PQ) dans trois semaines à Montréal. Un survol du Cahier de propositions et du Guide des délégués, dont Radio-Canada a obtenu copie, permet aussi de constater que Jean-Martin Aussant jouera du piano pour les membres du PQ à l'occasion d'une soirée festive qui aura lieu en marge du congrès.

Un texte de Hugo Lavallée, correspondant parlementaire à Québec

À moins d’un an du déclenchement de la prochaine campagne électorale, le congrès du Parti québécois sera l’occasion pour le parti de se doter d’un nouveau programme. Les délégués présents seront aussi appelés à se prononcer sur le leadership de Jean-François Lisée dans un vote de confiance dont les résultats seront connus le samedi 9 septembre en fin de journée.

La proposition du chef Lisée de reporter à 2022 la tenue d’un référendum ne semble pas avoir contrarié les militants péquistes. Aucun débat n’est prévu sur le texte originellement soumis aux délégués et qui prévoit le report du débat référendaire à un second mandat péquiste. Tout au plus l’association de Deux-Montagnes souhaite transformer l’élection de 2022 en élection référendaire.

Si la question du référendum semble faire peu de vagues, le thème de la démocratie a visiblement inspiré les militants du Parti québécois, qui ont multiplié les propositions sur le sujet. Ainsi, l’association des Laurentides propose-t-elle de créer une citoyenneté québécoise, « dont dépendra le droit de vote », tandis que celle de Viau souhaite créer un « mécanisme de destitution » du gouvernement. Certains membres souhaitent abaisser à 16 ans l’âge requis pour pouvoir voter, alors que d’autres veulent bonifier le financement public octroyé aux partis politiques si leur députation compte de 40 à 60 % de femmes.

Bien que Jean-François Lisée se soit prononcé en faveur de l’implantation d’un mode de scrutin proportionnel mixte régional, certains membres ne l’entendent pas ainsi. La région de la Capitale-Nationale propose par exemple de laisser la population décider entre le statu quo, un mode de scrutin préférentiel et un mode de scrutin combinant le vote préférentiel et le vote proportionnel. L’association de Borduas, de son côté, souhaiterait évaluer la possibilité d’implanter le vote uninominal à deux tours.

Au chapitre de l’économie, des militants proposent de mettre en place un programme de prêts et bourses entrepreneuriaux. Certains veulent forcer les sociétés d’État « à acheter Québec », tandis que d’autres souhaitent créer à l’étranger un réseau de distribution de produits québécois, à l’image d’IKEA.

Aussi, l’association de Verchères veut analyser les exemptions fiscales des organismes religieux pour prévenir l’évitement fiscal. L’association des Laurentides veut rendre plus progressif l’impôt sur le revenu, alors que celle de Gouin veut remettre en place la taxe sur le profit des banques.

Les militants péquistes y vont de nombreux amendements en faveur des régions. On propose notamment d’accorder la gratuité des CPE pour le troisième enfant d’une même famille dans les régions où on constate une baisse démographique, ou encore, d’offrir aux étudiants des bourses pour venir étudier dans les cégeps et les universités situés en région. On veut aussi étendre le réseau de haltes routières et doter ces dernières de drapeaux du Québec géants.

En matière de langue, deux associations proposent de recourir au dispositif dérogatoire pour rétablir l’affichage unilingue en français. L’association de Laval souhaite étendre les dispositions de la loi 101 aux CPE et aux garderies privées subventionnées.

Comme Radio-Canada le rapportait la semaine dernière, plusieurs associations y vont de propositions pour restreindre l’accès aux cégeps de langue anglaise. L’association de la Montérégie veut même supprimer toute forme de subvention aux établissements francophones offrant des programmes où l’enseignement est majoritairement dispensé dans une langue autre que le français.

Afin de mettre en valeur l’histoire du Québec, les associations de la Montérégie et de la circonscription d’Acadie proposent de créer un panthéon québécois à la Citadelle de Québec destiné à honorer les grands personnages ayant marqué l’histoire du Québec. L’association de Chauveau a pour sa part de grandes ambitions pour Télé-Québec : elle souhaite voir le diffuseur public devenir une plateforme internationale de diffusion de l’information dans la Francophonie.

Au chapitre de l’immigration, des militants souhaitent créer un programme de jumelage entre les Québécois d’adoption et les Québécois d’accueil. D’autres veulent remplacer le ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion par un ministère de la Démographie, qui sera chargé de mettre en place des politiques natalistes et de déterminer annuellement le nombre d’immigrants à accueillir en fonction de plusieurs critères. Une proposition de l’association de Montréal-Ville-Marie vise à instaurer une cérémonie d’accueil pour les néo-Québécois avec remise d’un drapeau du Québec, d’un passeport québécois et d’un carnet de bienvenue.

En matière d’éducation, de nombreuses associations proposent des mesures pour lutter contre le décrochage scolaire et pour valoriser la formation aux adultes. Plusieurs proposent aussi de diminuer de façon importante et graduelle le financement public des écoles privées, alors que d’autres souhaitent l’abolir tout simplement.

Une présence qui ne passera pas inaperçue

Pour égayer leurs débats, les militants péquistes seront invités à un événement intitulé Quelque chose comme une belle soirée, au Club Soda, en marge du congrès. « La soirée s’animera autour de Légendes d’un peuple Collectif II », explique la documentation remise aux délégués, qui précise aussi que Jean-Martin Aussant sera au piano.

Joint par Radio-Canada, l’ancien député et fondateur d’Option nationale n’a pas voulu donner de signification politique à sa présence. « Comme je suis le pianiste dans ce spectacle, j’y serai forcément », s’est-il contenté de déclarer. M. Aussant précise par ailleurs qu’il assistera au congrès à titre d’observateur pour le Chantier de l’économie sociale.

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