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Plus facile d’accéder au logement abordable en Alberta en 2018?

Le gouvernement albertain prévoit d'assouplir ses règlements relatifs au logement abordable dès janvier 2018, permettant à plus de personnes d'y accéder.

Un texte d'Emma Hautecoeur

Ces changements font partie de la nouvelle stratégie pour le logement abordable de la province. L’Alberta était jusqu’à maintenant l’une des deux provinces au Canada à ne pas avoir de telle politique.

Les néo-démocrates avaient déjà annoncé en mars qu'ils consacreraient 1,2 milliard de dollars pour construire 4000 nouveaux logements d’ici 2021. La liste d’attente est cependant déjà longue : environ 15 000 ménages y sont inscrits.

Hausse d'éligibilité

À l'heure actuelle, les Albertains qui ont des économies dépassant 7000 $ ou qui possèdent une voiture valant plus de 4000 $ risquent de perdre leur logement à prix modique ou la chance d'y accéder. Le plafond sera élevé à 25 000 $, permettant à plus d’Albertains d’être éligibles au programme et à ceux qui en profitent déjà de rester chez eux. Les restrictions touchant les véhicules ou autres outils nécessaires à l’emploi seront éliminées.

Par ailleurs, un modèle d'édifices pour des gens à revenus mixtes sera mis de l'avant pour permettre aux locataires de garder leur logement tout en améliorant leur situation financière. Greg Dewling, PDG du prestataire de logements subventionnés Capital Region Housing Corporation à Edmonton, dit qu’il doit souvent envoyer des lettres d’expulsion à ses locataires qui se trouvent un emploi mieux rémunéré et qui dépassent ainsi le revenu maximum éligible.

Une liste d’attente plus longue ?

Les amendements à la Loi sur le logement abordable pourraient allonger la liste d’attente, admettent les experts du ministère du Logement et des Aînés. La ministre Lori Sigurdson s’est voulue rassurante : « Nous savons que nous devons faire plus, mais ce premier investissement significatif [de 1,2 milliard  de dollars] est absolument un pas en avant ». Elle ajoute que l’Alberta attend confirmation des détails de la contribution du gouvernement fédéral et que son gouvernement prévoit d’autres investissements avant 2021.

Si les grandes lignes de la stratégie provinciale rassurent Irene Martin-Lindsay, directrice de l’Association du logement pour aînés de l’Alberta , elle suggère qu’il faudrait peut-être trouver un moyen de soutenir ceux qui sont en attente. Chez les aînés, être sur une liste d’attente peut vouloir dire passer plus de temps à l’hôpital ou dans une situation familiale qui n’est pas idéale, explique-t-elle.

Éradiquer l’itinérance

La nouvelle stratégie n'oublie pas les plus vulnérables. Les itinérants qui ont été logés grâce au programme Logement d’abord auront plus de points pour qu’ils progressent plus rapidement sur la liste d'attente.

Pour ce type de locataires, des logements supervisés permanents sont nécessaires, explique le maire d’Edmonton, Don Iveson. Des services communautaires 24 heures sur 24, sept jours sur sept doivent être intégrés à l’offre locative pour sortir les itinérants chroniques de la rue. Seulement 200 de ce type de logements ont été construits dans les dix dernières années, dit-il.

Don Iveson a toutefois bon espoir qu'avec l'aide de la province et du gouvernement fédéral, les 1000 unités requises pour mettre fin à l'itinérance seront construites dans les années à venir.

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