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Port de signes religieux : le travail n'a pas été fait par les libéraux, selon Lisée

Le Parti québécois reproche au premier ministre Philippe Couillard de ne pas respecter les Québécois qui n'ont pas les mêmes opinions que lui à propos des signes religieux et de la laïcité.

Le chef du PQ, Jean-François Lisée, a organisé une conférence de presse mardi matin pour dénoncer le fait que M. Couillard ait indiqué la veille, en parlant du retour du débat entourant le port de signes religieux pour les agents de l’État en position de coercition, dont les policiers, que ce n’était pas « un enjeu réel » et que les partis d’opposition essayaient de dévier les débats de la société québécoise.

Selon Jean-François Lisée, ces propos « dépassent l’entendement », puisque le premier ministre « a la responsabilité de parler avec respect de la totalité des citoyens qu’il représente, y compris ceux avec lesquels il est en désaccord ».

M. Lisée affirme que « le travail [sur le port des signes religieux] n’a pas été fait par les libéraux » et qu’« il faut que Québec se branche ».

En plus de promettre de respecter « 100 % des citoyens du Québec » s’il est élu en octobre prochain, le chef du PQ s'engage à faire adopter une loi sur « les règles du vivre ensemble » d’ici l’été 2019. Le PQ veut notamment interdire le port de signes religieux par les policiers.

M. Lisée rappelle qu’en février 2017, selon un sondage CROP-La Presse, 76 % des Québécois étaient favorables à l’interdiction des signes religieux pour les personnes en position d’autorité.

Cette mesure avait été proposée dans le rapport Bouchard-Taylor. Elle était souhaitée par les partis d'opposition à l'Assemblée nationale.

Quelle est la position de Québec solidaire?

Par ailleurs, le PQ demande à Québec solidaire (QS) de clarifier sa position sur cette question, puisque certains de ses nouveaux candidats, soit Vincent Marissal et Eva Torres, sont en contradiction avec la position adoptée par QS dans la charte de la laïcité de l’État québécois et déposée à l’Assemblée nationale par Françoise David en 2013.

Selon cette charte, QS est pour le port des signes religieux, sauf pour les juges, les procureurs, les policiers, les gardiens de prison ou toute autre personne autorisée à exercer la coercition au nom de l’État.

Le PQ a souligné que Vincent Marissal avait déclaré qu’il ne voyait pas de problème à voir un policier porter un signe religieux, alors qu’Eva Torres refuse de dire qu’elle est contre le port de signes religieux chez les personnes en situation d’autorité.

Les libéraux veulent passer à autre chose

Du côté du Parti libéral, la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, considère, contrairement au PQ, que la question a été réglée par l’adoption de la loi sur la neutralité religieuse de l'État, qui prévoit que les services publics soient dispensés et reçus à visage découvert, mais qui permet dans certains cas des accommodements, et qui n’interdit pas le port de signes religieux par les employés de l'État en position d'autorité.

Mme Vallée déplore que le débat soit de retour sur la place publique.

La CAQ reprend les mots du PQ

« Je suis écoeuré de voir le premier ministre regarder de haut la population en leur disant : parce que vous ne pensez pas comme moi, vous n’êtes pas des vrais Québécois », a lancé le député de la Coalition avenir Québec (CAQ) François Bonnardel lorsqu’on lui a demandé de commenter le débat.

Selon lui, les propos de Philippe Couillard sont « une insulte à l’intelligence des Québécois ».

La loi sur la neutralité religieuse de l'État qui a été adoptée en octobre dernier ne permet pas aux institutions d’avoir une position claire, estime M. Bonnardel.

Reprenant le point de vue de la CAQ, il rappelle que son parti veut empêcher toutes personnes en position d’autorité de porter des signes religieux, même les éducatrices en service de garde et les enseignantes.

À ce sujet, la CAQ est plus intransigeante que le PQ. Les péquistes veulent aussi empêcher les enseignantes et les éducatrices de porter des signes religieux, mais de façon graduelle. Le parti désire accorder à celles qui sont en poste actuellement un « droit acquis ».

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