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Portrait : Andrew Weaver, le troisième joueur en C.-B. qui veut verdir l'Assemblée législative

Andrew Weaver est le seul représentant du Parti vert élu à l'Assemblée législative de la Colombie-Britannique, mais cela n'empêche pas le scientifique reconverti en politicien de croire en une percée majeure du troisième parti de la province.

Un texte de Nahila Bendali

Avant de se lancer dans l’arène politique, Andrew Weaver était surtout connu pour son travail prolifique en tant que climatologue. Dans son bureau à l’Université de Victoria est accroché un cadre qu'on voit rarement dans un bureau de politicien : une attestation soulignant sa participation au Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, qui a remporté le prix Nobel de la paix en 2007.

Andrew Weaver n’a pas reçu que des éloges. Un « mur de la haine » répertorie de nombreux courriels et messages de gens qui ne partagent pas ses conclusions scientifiques sur le climat. « Les gens sont plus méchants en tant que contribuables envers les scientifiques que les politiciens », remarque-t-il. Dans les messages de haine, certains l’ont accusé de vouloir profiter des subventions de recherche, tandis que d’autres l’ont qualifié d’antéchrist.

Toutefois, depuis son saut en politique, il remarque que les messages de haine se sont taris.

Du milieu scientifique au milieu politique

Andrew Weaver n’avait pas prévu de se lancer en politique. « Je suis allé en sciences et j’avais le sentiment qu’on avait besoin de plus de preuves dans nos décisions politiques », raconte-t-il. En tant que professeur d’université, il a eu beaucoup de discussions au sujet des changements climatiques et des actions des politiciens avec ses étudiants. « Je me sentais hypocrite, de souligner l’importance de s’impliquer et de ne pas l’être moi-même. »

Après quatre demandes de la part de l’ancienne chef du parti Jane Sterk, le scientifique a accepté de se présenter dans la circonscription de Oak Bay-Gordon Head, à Victoria. En 2013, il a fait son entrée à l’Assemblée législative, comme premier et seul représentant du Parti vert.

L’élu a la chance de travailler dans la même ville où il vit, à Victoria. Une de ses inquiétudes lors de son élection, c’était le laboratoire qu’il gérait à l’Université, et la douzaine de personnes qui dépendaient de ses recherches pour travailler. « Je ne pouvais pas arrêter tout de suite, je devais faire une transition », explique Andrew Weaver. Il a décidé de maintenir le laboratoire en activité jusqu’à ce que son dernier étudiant termine ses recherches cette année.

Une percée verte possible?

Selon certains sondages, les verts sont populaires sur l’île de Vancouver. Un des scénarios possibles lors des élections, selon des analystes, serait un gouvernement minoritaire avec la balance du pouvoir aux verts. Mais, lorsque cette possibilité est évoquée, Andrew Weaver se fait plus optimiste. « Pourquoi pas 20, 30, 40 sièges? [...] Nous ne faisons pas campagne pour terminer deuxième. Nous faisons campagne pour gouverner avec notre plateforme. »

Andrew Weaver et son parti veulent convaincre les électeurs que leur plateforme est étoffée et pas seulement axée sur l’environnement. Malgré son passé de climatologue, il estime que les gens savent qu’il s'intéresse à plusieurs domaines. « Lorsque les gens verront la qualité des candidats et la profondeur de notre plateforme, les têtes vont se tourner. »

Le chef du Parti vert insiste sur le fait que son équipe n’est pas composée de politiciens de carrière. « Nous sommes sortis de notre zone de confort, non pas parce que nous voulons être des politiciens [...] mais, principalement, pour la cause civique, parce que quelqu’un doit se tenir debout. » Tout comme le chef néo-démocrate, John Horgan, M. Weaver croit que le temps est venu de voir un changement à l’Assemblée législative. Il doute toutefois que ce changement vienne du NPD, qu’il croit être la même chose que les libéraux, mais avec une couleur différente.

Pourra-t-il mener son parti à une percée encore jamais vue le 9 mai prochain? Pour le scientifique, il s’agira d’une occasion de plus pour confondre les sceptiques.

Avec les informations de Richard Zussman, CBC News

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