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Portrait : Christy Clark, politicienne avant tout

Elle est la femme ayant détenu le rôle de première ministre le plus longtemps au pays. À la tête de la Colombie-Britannique depuis 2011, Christy Clark et son gouvernement ont fait de la province le moteur de l'économie canadienne. La première ministre tentera de porter le Parti libéral au pouvoir pour un cinquième mandat consécutif en mai.

Un texte de Nahila Bendali

Christy Clark a été élue chef de son parti en février 2011, après la démission du premier ministre Gordon Campbell. Elle a remporté la course à la chefferie, après trois tours. Quelques semaines plus tard, elle devenait première ministre de la province.

« Lorsque j’ai gagné, personne n’était plus heureux que mon fils, Hamish. Il s’inquiète beaucoup pour moi », confie Christy Clark. « J’étais ravie et reconnaissante d’être choisie par mon parti [...] j’étais désormais responsable de mener la province dans la bonne direction », dit-elle.

La première ministre souligne l’importance de la fonction, puisque les élus peuvent faire une différence dans la vie des gens. Elle constate également l’immensité de la tâche. « On croit savoir comment on va se sentir. Je pourrais le comparer à devenir parent. L’instant que le bébé arrive, il y a un tout nouveau monde qui s’offre à vous, une nouvelle géographie de responsabilités. »

Christy Clark est devenue la deuxième femme à occuper le poste de première ministre de la province, après Rita Johnson. En mars 2016, elle a battu le record de longévité d’une femme au pouvoir au Canada.

Mme Clark, la politicienne

Depuis, Mme Clark estime être devenue plus à l’aise dans son rôle. « Au début, c’est difficile d’admettre que les gens ne veulent plus vous appeler par votre prénom, remarque la politicienne. On m’a élevé en me disant qu’il faut être humble et que tout le monde est égal. Avoir un titre était quelque chose de bizarre pour moi. »

Au cours de ses mandats, elle a appris l’importance d’avoir un plan. « Après être devenue première ministre, nous avons rassemblé tout le monde autour du plan de la création d’emplois, et nous avons suivi ce plan », affirme Christy Clark.

Les emplois, c’est son cheval de bataille. « Quand vous créez des emplois, vous changez des vies », souligne-t-elle. Mme Clark reconnaît qu’un gouvernement ne peut pas tout faire, mais s’il favorise la création d’emplois et l’éducation pour ces emplois, il s’assure de créer des revenus pour des familles. C’est un message qu’elle et son parti ont martelé à plusieurs reprises, et c’est ce qu’elle veut que les électeurs retiennent d’elle.

L’emploi a d’ailleurs un aspect personnel pour Christy Clark. Elle raconte que son père avait un problème de santé mentale et de consommation d’alcool. « [Mon père] allait travailler tous les jours et c’est ce qui a sauvé sa vie. Il avait un but dans la vie. Il pouvait soutenir ses enfants. »

En plus d’être première ministre, Christy Clark est également la députée de Westside-Kelowna. Elle admet que c’est un défi de combiner les deux rôles, mais estime avoir assez de temps pour rencontrer ses électeurs. Son rôle, qui l’amène à voyager à travers la province, lui permet de se sentir chez elle partout.

Christy, la femme

Christy Clark est une personnalité qui divise en Colombie-Britannique. Sa cote de popularité a baissé au cours des derniers mois pour se situer à 31 %, selon un sondage Angus Reid. Son parti a été sous le feu des critiques concernant le financement politique. La Gendarmerie royale du Canada enquête d'ailleurs sur des allégations de dons politiques indirects, une pratique interdite par la loi.

Son taux d’approbation était toutefois à 25 % en 2013, deux mois avant de mener son parti à la victoire lors des élections provinciales.

Lorsqu’on lui demande si elle croit que les électeurs connaissent Christy Clark, la personne, elle se demande comment on peut connaître quelqu’un sans l’avoir rencontré.

« Les gens me voient à travers les médias, à travers de brefs fragments, et vous faites les choix de ce que les gens voient. C’est la façon dont le système fonctionne », estime Mme Clark. « Les électeurs veulent surtout savoir si leurs politiciens ont la personnalité pour dire ce qu’ils pensent et ce qu’ils veulent faire. Ceux-ci peuvent ensuite baser leurs décisions sur les actions et les plans des politiciens. »

Christy Clark admet que la politique prend un espace prédominant dans sa vie. Elle plaisante qu’elle n’a pas de vie personnelle. Elle souligne quand même l’importance de son fils de 15 ans, Hamish. Elle est la deuxième femme dans l'histoire du Canada à avoir donné naissance alors qu'elle était ministre provinciale, selon The Tyee. « Je peux adapter mon horaire à [mon fils], mais je n’ai pas le temps pour autre chose, explique la première ministre. J’essaie de me rendre aux mariages, aux enterrements... mais c’est tout. »

Avec les informations de Richard Zussman

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