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Portrait du nouveau président controversé des Philippines

Le nouveau président élu des Philippines s'est fait connaître pour ses déclarations-chocs et ses actions musclées. Portrait en citations.

Rodrigo Duterte a été maire de Davao, une ville du sud de l'archipel, à plusieurs reprises depuis 1988. Il a réussi à y faire baisser le taux de criminalité, mais le prix à payer a été très élevé, selon ses détracteurs. Il aurait mis sur pied des milices responsables de la mort de plus de 1000 personnes, dont des enfants des rues, des petits criminels et des revendeurs de drogue, dénonce Human Rights Watch.

Voici quelques-unes de ses déclarations controversées.

Sur les criminels

  • « Je ne veux pas commettre un crime, mais si Dieu le veut, faites attention. Je vous jetterai tous dans la baie de Manille pour engraisser les poissons. »
  • « Arrêtez [de commettre des crimes] ou partez. Si vous ne voulez pas ou ne pouvez pas le faire, vous ne survivrez pas. »
  • « Les criminels n'ont pas de place dans cette ville, sauf dans les prisons, les centres de détention et, Dieu nous en préserve, les salons funéraires. »

Sur le trafic de drogue

  • « Aussitôt que je prendrai mes fonctions de président, le salaire des militaires et des policiers sera doublé. Mais si je me rends compte que vous êtes impliqués dans le trafic de drogue, les coups de feu dans votre tête seront doublés aussi. »
  • « Mon ordre aux policiers et aux militaires est de trouver les trafiquants de drogue et de les arrêter. S'ils résistent avec violence et que vous pensez que votre vie est en danger, tuez-les tous. »
  • « Si vous exercez une activité illégale dans ma ville, si vous êtes un criminel ou faites partie d'un cartel qui exploite les innocents de la ville, aussi longtemps que je serai le maire, vous êtes une cible légitime de meurtre. »

Sur les droits de la personne

  • « Quand vous commencez à être mou dans ce pays et que vous permettez que les idées occidentales s'infiltrent, vous commencez à avoir des problèmes. »
  • « Oubliez les lois sur les droits de la personne. Si je suis élu président, je ferai exactement ce que j'ai fait en tant que maire. Vous, les trafiquants, les braqueurs et les vauriens, vous feriez mieux de partir parce que je vais vous tuer. »

Sur les femmes

  • En parlant du viol et du meurtre d'une missionnaire australienne, violée et tuée lors d'une émeute dans une prison de Davao en 1989. « J'étais en colère qu'ils l'aient violée, mais elle était si belle. Je me suis dit : le maire aurait pu passer en premier. »

Rodrigo Duterte s'est ensuite excusé, puis a déclaré que ceux qui voulaient le poursuivre pour cette blague de mauvais goût étaient stupides.

Un franc-parler qui dérange

Un peu comme Donald Trump aux États-Unis, M. Duterte chamboule les pouvoirs établis. Aux Philippines, les mêmes clans familiaux dirigent le pays depuis des décennies. Son succès électoral témoigne d'un profond désir de changement, en plus d'être un désaveu de la classe politique actuelle, qui n'a pas su rendre accessible à tous les fruits de la croissance.

Les Philippines sont un des pays les plus inégalitaires d'Asie. Le quart des habitants y vivent sous le seuil de la pauvreté.

Rodrigo Duterte a promis de mettre fin à la corruption, à la criminalité et à la toxicomanie en six mois, une promesse qui remporte un large écho. Il entend également recommander au Congrès le retour de la peine de mort « par pendaison en public ». La peine capitale a été abolie aux Philippines en 2006.

Mais, mis à part sa plateforme sur l'ordre public, « on en sait très peu sur ses plans pour le pays », souligne Marc Singer, analyste pour Pacific Strategies and Assessments, à Manille.

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