Il est le troisième chef à tenter de mener le Nouveau Parti démocratique de la Colombie-Britannique au pouvoir depuis le début de la dynastie libérale en 2001, mais John Horgan reste largement méconnu du grand public, comparativement à son opposante Christy Clark.

Un texte de Nahila Bendali

Rencontré dans sa résidence en banlieue de Victoria, John Horgan se rappelle le moment qui l’a convaincu de se lancer en politique active. « C’était en 2004, je regardais un bulletin télévisé qui racontait que des traversiers de BC Ferries allaient être construits en Allemagne, raconte-t-il. J’ai commencé à crier. » Il était frustré du fait que ces emplois n’allaient pas être créés en Colombie-Britannique.

Un ami de son fils, adolescent à l’époque, lui a demandé ce qu’il comptait faire. « Comment faut-il réagir lorsqu’un jeune nous demande ce qu’on compte faire? J’ai répondu que j’allais me présenter aux élections », dit John Horgan.

De son propre aveu, John Horgan ne s’est jamais vu comme acteur de premier plan en politique. Il a travaillé pour des députés à Ottawa et au bureau du premier ministre de la Colombie-Britannique avant de mettre sur pied une firme de consultants pour des organismes privés et publics en 2001.

John Horgan est élu à l’Assemblée législative depuis 2005, représentant la circonscription de Juan de Fuca, sur l’île de Vancouver. Il a pris la place de Adrian Dix à la tête du NPD en 2014, après la défaite du parti lors des élections provinciales de 2013, malgré des sondages qui les donnaient vainqueurs.

Comment se définir?

Depuis 2014, le chef du NPD a été la cible de publicités négatives. Des campagnes le dépeignent comme un chef indécis, qui dit une chose et son contraire au sujet de l’économie. Les libéraux le qualifient de politicien colérique avec un mauvais tempérament. « Lorsque les gens me disent que je suis colérique, je réponds que je suis passionné », nuance le chef.

John Horgan répète qu’il fait de la politique pour améliorer le sort de ses voisins, des gens normaux qui travaillent fort. « Les gens privilégiés ont eu leur première ministre. Il est maintenant temps d’avoir un premier ministre qui travaille pour les gens normaux », insiste-t-il.

Qui sera le champion de l’emploi?

Il est également sceptique du bilan du gouvernement sur le plan de l’emploi. Il souligne que la croissance dans ce secteur est concentrée autour de Vancouver, dans des emplois temporaires. M. Horgan est aussi critique envers le plan du gouvernement à propos du gaz naturel liquéfié, qui a été fait au détriment du secteur forestier selon lui.

John Horgan aura un défi de taille pour convaincre les électeurs qu’il est le mieux placé pour créer des emplois. Le gouvernement libéral s’est positionné comme champion dans ce domaine, avec le taux de chômage le plus bas au pays. Christy Clark ne manque pas une occasion de rappeler le bilan de son gouvernement en la matière.

Le NPD a su compter sur le soutien historique des syndicats, mais le local 97 du syndicat Ironworkers, qui représente des travailleurs de ferronnerie, s’est rangé derrière le Parti libéral en mars. Le syndicat était neutre lors des dernières élections.

« Les membres étaient pendant des années du côté d’un parti travailliste. Ce qui est arrivé dans le passé les inquiète », a indiqué le directeur commercial du syndicat, Doug Parton, au début du mois de mars. « Lorsqu’on parle du gaz naturel liquéfié, le Site C et l’expansion du pipeline Kinder Morgan, nous avons besoin d’un chef et d’un gouvernement qui vont se tenir debout pour les intérêts des travailleurs de la province. »

John Horgan vu par... sa femme

Le chef du NPD est marié depuis 33 ans à Ellie, qu’il a rencontré à l’université. « Je n’aurais pas pu le faire sans elle [...] Ellie est calme. Elle a une grande influence sur moi », confie-t-il.

Ellie Horgan ne s’est pas adressée aux médias depuis l’élection de son mari comme chef du parti, mais elle a tenu à donner sa vision de John Horgan, surtout depuis les publicités négatives. « Il est bienveillant. S’il dit qu’il va faire quelque chose, il le fait. C’est une habitude parentale que nous avons, de ne pas faire de promesses si l’on ne peut pas les tenir », explique-t-elle. Le couple a deux garçons dans la vingtaine.

Elle est très critique des publicités négatives qui ciblent son mari. « Ce sont des mensonges [...] tout est pris hors contexte. »

Malgré la vie politique effrénée, John Horgan sait qu’il peut trouver refuge dans sa résidence boisée, où il vit avec sa famille depuis 25 ans. « Je croyais pouvoir me lancer en politique et être une personne normale. Ce n’est pas possible. [Cet endroit] est l’endroit où je peux être moi-même. »

Avec les informations de Richard Zussman, CBC News

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