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« Pour le renouveau, ça prend de la continuité », plaide Couillard

C'est en évoquant l'« instabilité économique » engendrée par les politiques commerciales du président américain Donald Trump que le chef libéral Philippe Couillard a demandé vendredi aux Québécois de lui confier un second mandat majoritaire pour diriger la province en octobre prochain.

Un texte de François Messier

Devant un lutrin sur lequel on pouvait lire « On s’est occupé des vraies affaires », clin d’œil à son slogan électoral de la dernière élection, M. Couillard a plaidé sans relâche l’importance de ne pas congédier l’équipe qui a présidé selon lui au « plus grand redressement financier de l’histoire récente du Québec ».

« Grâce à cet élan économique, il y a moins de Québécois dans la pauvreté, les temps d’attente en santé sont en baisse, plus d’enseignants et de professionnels s’occupent de la réussite de nos jeunes dans les écoles, nous investissons comme jamais dans notre culture et les Québécois et les Québécoises ont plus d’argent dans leur poche », a plaidé le premier ministre.

« Pourquoi prendre un risque? C’est fragile, tout ça », a lancé M. Couillard, en faisant valoir la question qu’il souhaite vraisemblablement que les Québécois se posent au moment d'exprimer leur vote. « Il ne faut pas reculer sur cet élan, il faut poursuivre. »

« Le monde change. Alors que la tendance des dernières années était au développement de partenariats économiques, certains États dans le monde se referment maintenant sur eux-mêmes », a argué le premier ministre devant des dizaines de députés de son parti réunis sur la terrasse du Hilton Québec.

« Nous sommes dans un monde où les alliés d’hier peuvent représenter aujourd’hui une menace pour nos entreprises, nos travailleuses, nos travailleurs, dans chacune des régions du Québec », a-t-il ajouté, en plaidant qu’il défendra les intérêts de tout un chacun « avec force et détermination. »

Une saine économie « rend tout le reste possible »

M. Couillard a affirmé sans surprise qu’il fera d’abord et avant tout campagne sur les questions économiques, en faisant valoir tout à la fois son bilan des quatre dernières années et ce que la bonne situation des finances publiques permettra de faire à l'avenir.

Il a dit ne pas avoir peur de de vanter le bilan de son gouvernement, même si les sondages soulignent à gros traits que les Québécois ont plutôt soif de changement. « Avec mon équipe, j’ai fait exactement ce que j’ai dit que je ferais. Et ça, il y a un élément de contrat avec les citoyens, à cette époque, qui est particulièrement important. Voilà quelque chose que je vais dire souvent », a-t-il assuré.

Plaidant sa capacité à incarner le changement, après presque 15 ans d’un règne presque ininterrompu de gouvernance libérale, M. Couillard a ainsi avancé que son parti était tout à la fois une « équipe solide qui a fait ses preuves » et « le véhicule de la relève de la garde ».

« Pour le renouveau, ça prend de la continuité », a-t-il résumé. « Ne servir que du bilan en campagne, pour moi, ce n'est pas une bonne idée. Mais le bilan ouvre la porte à tout le reste. [...] Je vais en parler de ce qu'on a réussi, parce que d'avoir prouvé que nous on a réussi donne confiance pour l'avenir. »

Prmi les autres thèmes qui seront au coeur de la campagne électorale, le premier ministre a évoqué la santé, les enjeux relatifs à la qualité de vie, dont les transports collectifs, le développement des régions, la lutte contre la pauvreté et la formation de la main-d'oeuvre.

« Sans l'apport de nouveaux travailleurs, ce sont les emplois actuels qui sont menacés », a plaidé à ce sujet M. Couillard. « Les employeurs devront faire des choix difficiles, comme délocaliser les entreprises dans les grands centres, ou même, malheureusement, envoyer des productions à l'étranger. »

« On aura beau investir davantage dans les services publics, on n'aura pas assez de travailleurs et de travailleuses pour pourvoir les postes si on n'agit pas de façon intense sur cette question », a-t-il ajouté.

Couillard promet de faire campagne « dans la bonne humeur »

M. Couillard n’a pas parlé une seule fois du Parti québécois dans sa conférence de presse, mais il n’a pas manqué d’épingler François Legault. Le chef de la Coalition avenir Québec, donnée en avance par tous les sondages, « n'est pas souvent là » pour défendre ses idées, a-t-il attaqué.

Le chef libéral est par exemple revenu sur la volonté de la CAQ d'envoyer tous les enfants du Québec à la maternelle dès l'âge de 4 ans. Le Parti libéral propose plutôt de rendre des places en garderie gratuites pour tous les enfants fréquentant des Centres de la petite enfance ou des garderies régies par le gouvernement provincial, tout en poursuivant la création de places à la maternelle de façon graduelle, dans les milieux défavorisés.

« Je lui ai demandé en Chambre [à M. Legault], plusieurs fois "combien de classes?", "combien d'enseignants?", "combien ça coûte?". Moi, je connais la réponse à cette question. S'il refuse de la donner, moi, je vais lui donner cette réponse-là », a-t-il lancé. « On ne peut pas proposer, à quelques mois des élections, un ensemble de politiques qui ne reposent sur rien, sur aucun chiffre, sur aucune action concrète. C'est ce qu'on va faire ressortir. »

M. Couillard a toutefois assuré qu’il ne s’attaquera pas aux personnes, mais aux idées, lors de sa tournée estivale du Québec.

« Les gens ne veulent pas nécessairement avoir un climat d’opposition, d’agressivité pendant l’été », a-t-il dit. « Je vais être dans la bonne humeur. Je pense que les Québécois aiment ça, la bonne humeur. »

Affichant un optimisme de circonstance, M. Couillard a par ailleurs refusé de dire s’il continuerait de siéger comme député de Roberval, advenant que les libéraux soient renvoyés dans l’opposition. « La question est hypothétique », a-t-il dit, en se disant certain de pouvoir diriger un gouvernement majoritaire.

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