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Pour Manon Massé, le succès passe par l’ajout de députés

Pour les trois partis reconnus à l'Assemblée nationale, le succès de la prochaine élection passe par le pouvoir. À Québec solidaire, « plus de députés, inévitablement, c'est un succès », reconnaît la co-porte-parole Manon Massé en entrevue avec Patrice Roy.

Un texte de Mathieu Dion, correspondant parlementaire à Québec

Celle qui a été désignée par les membres du parti pour devenir première ministre a critiqué sans retenue ceux qui doutent de la possibilité d'un gouvernement solidaire : « Arrêtez de décider pour le peuple. »

Mme Massé espère l’élection de nombreux candidats au scrutin du 1er octobre. Faire élire un député à la fois, « c’est épuisant », souligne-t-elle. Québec solidaire, qui ne détient que 3 des 125 sièges, peine à couvrir tous les enjeux en session parlementaire. « On fait la même chose que tous les autres partis, mais avec énormément moins de moyens. »

Le départ du député Amir Khadir après le présent mandat fera d’autant plus perdre une importante expérience politique à la formation de gauche.

La pression se fait donc forte sur Manon Massé, qui sera bientôt de tous les débats, en français comme en anglais, après un accident de ski qui la handicape depuis la fin avril. Elle s’est fracturé le fémur de la jambe droite, une bête mésaventure pour laquelle elle se mord les lèvres aujourd’hui.

Exprimer la différence

« Si Québec solidaire n’était pas au parlement, je pense que la différence ne s’exprimerait pas », est d’avis Manon Massé.

D'ailleurs, elle s'explique mal un récent commentaire du député péquiste François Gendron qui associe son parti à la « gauche caviar ». Les propositions de Québec solidaire visant à couper les fonds publics aux écoles privées, à ouvrir les centres locaux de services communautaires (CLSC) jour et nuit ainsi qu’à réduire de 50 % le prix du transport collectif seraient en complète contradiction avec les propos de M. Gendron.

Un autre exemple sur lequel elle insiste : la promesse d’instaurer une assurance dentaire pour tous les Québécois. Mme Massé estime qu’il faut avoir le « courage » de dégager les 950 millions nécessaires à cette mesure. Comme le Parti québécois (PQ) et la Coalition avenir Québec (CAQ), elle espère récupérer des montants importants en rouvrant la récente entente salariale avec les médecins spécialistes.

Mais la proximité avec les autres partis politiques s’arrêterait là. Mme Massé se montre agacée quand les journalistes lui rappellent qu’une convergence avec le Parti québécois – finalement rejetée par les solidaires – changerait les perspectives électorales. « C’est nous ou la CAQ qui fait mal au PQ? demande-t-elle sur un ton irrité. Lâchez-nous ça! »

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