Pour qu'il y ait couronnement du prochain chef du Parti québécois, il faudrait que le caucus des députés soit unanime derrière un candidat, comme cela avait été le cas en 2007 pour Pauline Marois. Mais actuellement, ce caucus est divisé.

Martine Biron

  Un texte de Martine Biron

Dans l'axe de gauche, il y a plusieurs candidats potentiels. Alexandre Cloutier, qui a terminé deuxième l'année dernière contre Pierre Karl Péladeau, est certainement celui qui est le plus en avance. Son programme est déjà prêt, il n'a qu'à y apporter quelques ajustements. De plus, son équipe de campagne est toujours à ses côtés et elle est déjà très active.

Il y a toutefois un caillou dans le soulier de M. Cloutier. Sa bonne amie Véronique Hivon pourrait lui compliquer la vie si elle décidait de faire le saut. Sa situation personnelle a évolué au cours des deux dernières années et on la sait en réelle réflexion.

Si la députée de Joliette décidait de se présenter à la direction du parti, une partie des appuis récoltés par M. Cloutier pourrait très bien se retrouver dans le camp Hivon, ce qui diviserait le vote de gauche.

Sans compter que Mme Hivon, qui a un charisme naturel en plus d'être très appréciée du caucus, pourrait très bien rallier les appuis dans d'autres camps. C'est déjà le cas : le député Claude Cousineau, qui avait appuyé Pierre Karl Péladeau, a annoncé qu'il se rangeait derrière elle.

Martine Ouellet, qui a fait une bonne campagne en 2015, pourrait aussi être de la course. Elle avait récolté l'appui de 13 % des militants.

Dans l'axe de droite, près d'une dizaine de députés ont appuyé Pierre Karl Péladeau en 2015. Plusieurs se disent aujourd'hui orphelins. Le virage économique qu'a fait prendre au parti l'ancien chef Péladeau a séduit plusieurs d'entre eux. Ils souhaiteraient donc un prochain chef au profil économique. C'est dans ce contexte que l'ex-ministre des Finances Nicolas Marceau est présentement en réflexion. Mais la route sera peut-être plus difficile pour M. Marceau, qui n'a pas la même notoriété que les Cloutier, Hivon, Drainville ou Lisée.

D'ailleurs, ces deux derniers sont aussi en réflexion, comme l'ancien chef d'Option nationale, Jean-Martin Aussant, personnage énigmatique connu surtout pour sa proximité avec le premier ministre Jacques Parizeau.

Puisque les axes de droite et de gauche demeurent, pour l'instant, bien campés et que l'unanimité n'est pas à portée de main, les chances d'un couronnement sont minces.

À moins qu'une vedette, un messie ou un sauveur ne se pointe dans l'horizon péquiste. Et qu'il ou elle réussisse à réunir le caucus. On sait maintenant que tout est possible en politique.

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