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Première semaine de campagne électorale plus ou moins active à Gatineau

Vous êtes un étudiant d'une école secondaire située sur le territoire de la ville de Gatineau? Vous serez probablement sollicités pour participer à la simulation électorale organisée par la Commission jeunesse de Gatineau, le 2 novembre prochain. Tous les vendredis - question de vous aider à faire un choix éclairé - Radio-Canada publiera un journal électronique dans lequel vous retrouverez un bilan de la semaine électorale, des analyses et des entrevues.

Un texte d'Angie Bonenfant

Le moins que l'on puisse dire, c'est que la première semaine de campagne a été relativement calme pour les candidats à la mairie. Seuls le maire sortant Maxime Pedneaud-Jobin et la conseillère Sylvie Goneau y sont allés de quelques annonces. Les trois autres candidats ont été discrets.

Vous pouvez visionner un reportage complet, ici : 

Pour consulter les priorités des jeunes en matière de politique municipale. Cliquez ici.

ÉLECTIONS EN CHIFFRES

Portrait des électeurs

16 738 élèves âgés de 12 à 17 ans pourront participer à cette simulation électorale. Ils sont répartis entre 4 commissions scolaires et 1 groupe composé de trois écoles privées.

Les deux bassins de voteurs les plus importants se trouvent dans les commissions scolaires des Draveurs (6082 élèves) et des Portages-de-l'Outaouais (4479 étudiants).

L'électorat est majoritairement francophone, issu de 8 écoles publiques, 3 écoles privées et 2 écoles anglophones.

ANALYSE POLITIQUE

Stratégie électorale

L'électorat « jeunesse » est loin d'être homogène. Les 5 candidats à la mairie auront fort à faire pour convaincre les étudiants de voter pour eux.

Éric Grenier, correspondant parlementaire et analyste de sondages pour le réseau CBC, à Ottawa, s'est prêté au jeu et a répondu à nos questions sur les défis et possibles stratégies électorales des candidats.

1. Est-il correct de dire que la Commission scolaire des Draveurs a le plus gros poids électoral?

Éric Grenier : Oui, vous n'avez pas tort, 36 % des électeurs sont de la commission scolaire des Draveurs. Cette commission est la plus importante et pourrait faire la différence. La commission scolaire des Portages-de-l'Outaouais suit avec 27 %.

2. Quelle stratégie électorale les candidats à la mairie devront-ils adopter pour espérer obtenir le maximum de votes, selon vous?

Éric Grenier : Courtiser les élèves des deux plus grandes commissions scolaires est le plus judicieux, selon moi. À elles seules, elles représentent 63 % de l'électorat. Étant donné qu'il y a plusieurs candidats à la mairie, cibler un de ces deux districts pourrait être une bonne stratégie.

Une autre bonne stratégie, tout dépendant de la popularité de certains candidats dans certains secteurs, est de cibler quelques écoles plutôt que les commissions scolaires dans leur ensemble. 28 % des électeurs sont à Nicolas-Gatineau et à Grande-Rivière. Se concentrer sur ces deux écoles, par exemple, peut s'avérer payant.

3. Quel pourcentage de vote un candidat doit-il obtenir pour s'assurer la victoire dans cette élection?

Éric Grenier : Étant donné qu'il y a 5 candidats, il est possible de gagner les élections avec seulement une petite part du vote. Par exemple, un candidat pourrait l'emporter avec seulement 33 % des votes, surtout si les 67 % restant sont divisé entre les quatre autres candidats.

En bas de ça, ce serait difficile, car le vote est rarement divisé de façon égale entre cinq candidats. Une cible plus sûre serait 40 % ou plus, car même s'il y a plusieurs candidats, il y en a seulement deux ou trois qui obtiennent le plus de votes.

EN PROFONDEUR

Pourquoi les jeunes ne vont-ils pas voter?

Le taux de participation des jeunes de 18 à 34 ans aux élections municipales a toujours été historiquement plus bas que celui observé auprès de la population générale. À Gatineau, ce taux est en déclin, depuis 2005.

Lors des dernières élections municipales à Gatineau, en 2013, moins de 3 % des jeunes se sont présentés aux urnes. À peine 4 974 électeurs sur une possibilité de 21 757 ont exercés leur droit de vote.

Serait-ce possible que les jeunes n'en aient rien à cirer des élections municipales?

Désintérêt électoral?

« Contrairement à ce que l'on pense, les jeunes ont de l'intérêt pour les élections municipales, parce que c'est là que l'on parle des enjeux qui les préoccupent », soutient Félix Bussières, auteur d'un mémoire sur la participation citoyenne des jeunes en Outaouais.

Le problème, dit-il, c'est que les politiciens ne sont pas mis à jour sur ce qui intéresse vraiment la jeune génération : loisirs des sports, aménagement des parcs et des villes, transport en commun, etc.

« Bien souvent, les politiciens ne parlent pas aux jeunes, mais parlent à d'autres générations », déplore-t-il.

Traditionnellement, dans les campagnes municipales, on traite de voirie, de fiscalité, de déneigement, d'aqueduc et d'égout. Il n'y a pas grand-chose là-dedans pour intéresser les jeunes, renchérit Caroline Desrochers de la Table jeunesse Gatineau.

Mais lorsqu'il y a des enjeux qui les interpellent, les jeunes sont au rendez-vous, croit-elle.

« En 2014, où il a beaucoup été question d'environnement et de cannabis, il y a eu une augmentation de 18 % de la participation des jeunes par rapport aux élections précédentes », rappelle-t-elle.

Où sont les jeunes?

En plus de ne pas savoir comment leur parler, les politiciens s'adressent à eux sur les mauvaises plateformes: le porte-à-porte, les journaux, etc.

« Il y a des efforts qui doivent être mis pour utiliser les plateformes et le langage qui vont rejoindre les jeunes », précise Caroline Desrochers.

L'effet miroir

Il y a aussi ce que l'on nomme le « catch 22 », avance Guy Chiasson, professeur en sciences politiques à l'Université du Québec en Outaouais.

« On peut supposer qu'il y a une espèce d'effet miroir. Il y a très peu de jeunes qui sont élus. Ça n'incite pas les jeunes à aller voter, car ils ne se retrouvent pas dans cet espace-là. »

En même temps, les politiciens, qui remarquent eux aussi le faible taux de participation des jeunes, ont peut-être déjà lancé la serviette, soutient-il.

« Les candidats se disent peut-être qu'il vaut mieux chercher des votes pour tout de suite et maintenant », résume le professeur. « Pour ces candidats, ceux qui sont plus faciles à rejoindre et qui se traduiront par des votes, ce sont les électeurs des autres catégories d'âge ».

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