Retour

Procès des quotes-parts : L'Ancienne-Lorette dénonce l'absence totale de collaboration

Au deuxième jour du procès qui oppose la Ville de Québec et L'Ancienne-Lorette, l'ex-directrice des finances de la ville défusionnée a témoigné du manque de transparence de la ville centrale dans la gestion des dépenses de l'agglomération.

Un texte de Louise Boisvert

« Si on avait eu accès aux données financières de la Ville de Québec dès le départ, on aurait perdu moins de temps », a déclaré la comptable Ariane Tremblay au juge Bernard Godbout.

L'ancienne directrice des finances et trésorière de la Ville de L'Ancienne-Lorette était la deuxième témoin à être entendue au procès.

Elle a expliqué la difficulté pour L'Ancienne-Lorette d'obtenir les pièces justificatives pour expliquer le montant des quotes-parts réclamé.

C'est la Ville de Québec qui prépare le budget de l'agglomération. Elle le fait sans la collaboration des villes défusionnées.

Une fois le budget déposé, la Ville de L'Ancienne-Lorette dispose d'environ soixante minutes pour en prendre connaissance, pour l'analyser et pour poser ses questions.

Les dépenses de l'agglomération représentent 50 % du budget de la ville défusionnée.

Généralement, le montant de sa contribution est connu une fois son budget adopté, a-t-elle souligné.

Changements inattendus

Ariane Tremblay a également raconté que le budget d'agglomération de 2010 avait mis le feu aux poudres. Il a été déposé après la signature d'une entente entre les trois villes partenaires, qui établissait les bases d'une nouvelle collaboration.

Selon la comptable, la Ville de Québec a apporté des changements de dernière minute dans les listes de dépenses qui ne respectaient pas ce qui avait été convenu.

Ces modifications ont eu un impact direct sur la facture refilée aux villes défusionnées. « Comme par hasard, les dépenses de l'agglomération ont fait un bond de 12 millions de dollars », a-t-elle expliqué.

La quote-part de L'Ancienne-Lorette a aussi augmenté.

L'Ancienne-Lorette s'est plainte à plusieurs reprises du manque de collaboration de la Ville de Québec.

Elle s'est finalement résignée à embaucher une firme externe, Deloitte, pour examiner les états financiers.

À ce jour, quatre millions de dollars ont été dépensés en frais d'expertise.

Leurs recherches ont permis de mettre en lumière certaines données qui leur étaient jusque-là inconnues.

Par exemple, Ariane Tremblay a relaté que les contribuables de L'Ancienne-Lorette paient pour le régime de retraite d'employés qui n'ont jamais travaillé pour une des deux villes défusionnées ou pour l'agglomération.

« Si on avait eu une collaboration avec la Ville de Québec, on aurait pu voir les erreurs de calcul », croit-elle.

La Ville de L'Ancienne-Lorette entend plaider que la Ville de Québec a retenu volontairement ces données.

L'administration Labeaume a admis certaines erreurs dans les jours précédant le procès. Ainsi, les villes défusionnées pourront récupérer huit millions de dollars.

Prochains témoins

L'ancienne ministre des Affaires municipales Nathalie Normandeau et son sous-ministre de l'époque, Marc Croteau, seront les prochains témoins à être entendus.

Ils étaient au coeur des discussions qui ont mené à l'entente de 2009.

Les villes en litige ne s'entendent pas sur l'esprit de ce document ni sur sa portée.

Plus d'articles

Vidéo du jour


Ce garçon se fait prendre par le reste de sa famille!





Rabais de la semaine