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Procès Duffy : Harper ne savait pas tout, selon son ex-chef de cabinet

L'ancien chef de cabinet de Stephen Harper, Nigel Wright, affirme ne pas avoir fait part au premier ministre du plan d'utiliser un fonds du Parti conservateur pour rembourser les dépenses discutables du sénateur suspendu Mike Duffy. Le procès criminel de ce dernier se poursuit à Ottawa.

Au premier jour de son témoignage, M. Wright a reconnu avoir dit à Stephen Harper que le sénateur allait rembourser ses dépenses, mais il avance n'avoir jamais mentionné que le plan à ce moment prévoyait que le Parti allait payer le tout.

« Je crois que ce que j'ai souligné au premier ministre était que nous croyions, et que le gouvernement allait dire, que le sénateur Duffy avait possiblement fait une erreur dans ses réclamations (...) plutôt qu'une malversation, et qu'il les rembourserait », a-t-il poursuivi.

Initialement, le Parti pensait avoir à rembourser 32 000 $ plus les intérêts au Sénat dans l'espoir de faire disparaître discrètement le scandale des dépenses de Mike Duffy, sans que personne ne suggère que le sénateur avait fait quelque chose de mal. Le Parti conservateur a finalement retiré son offre après avoir appris que la note dépassait les 90 000 $.

C'est finalement M. Wright qui a signé un chèque personnel pour permettre à M. Duffy de rembourser ses dépenses. Stephen Harper ne connaissait pas la provenance de l'argent, a précisé son ex-chef de cabinet lors de son témoignage.

Cette transaction est au coeur de 3 des 31 accusations criminelles qui ont été portées contre Mike Duffy, dont fraude, corruption et abus de confiance. Il a plaidé non coupable à chacune d'entre elles.

M. Wright a admis avoir été en colère contre Mike Duffy à différents moments et précisé avoir des regrets. « Si cela devenait public, je pensais que cela serait embarrassant. Mais il y avait beaucoup de connotations auxquelles je n'avais pas vraiment réfléchi à fond, a dit M. Wright. Si j'y avais réfléchi, je ne l'aurais peut-être pas fait. »

Un plan pour camoufler les dépenses de Duffy

Le témoignage de Nigel Wright a été accompagné par 426 pages de courriels internes qui ont été déposés à la cour mercredi. Ils font état des négociations au sujet des dépenses discutables réclamées par Mike Duffy.

En plus de Nigel Wright, ces discussions ont impliqué Mike Duffy, l'avocat du bureau du premier ministre Benjamin Perrin, l'avocat de M. Duffy et d'autres stratèges et du personnel des communications au sein du bureau de Stephen Harper. Le plan, qui a circulé en février 2013, incluant l'idée d'exclure Mike Duffy l'audit réalisé par la firme externe Deloitte sur les dépenses de certains sénateurs.

« Le but est de mettre fin aux questions incessantes sur ces dépenses. Un paiement proactif permettrait au sénateur Duffy de dire qu'il a fait ce qui est juste sans être trouvé coupable par Deloitte d'avoir violé les règles. Le comité sénatorial pourrait interrompre l'audit s'il admet une erreur ou admet avoir mal agi », est-il écrit dans un courriel de l'ancien directeur de la gestion des dossiers de M. Harper, Chris Woodcock.

Par ailleurs, M. Wright a précisé que le courriel dans lequel il indiquait qu'ils « avaient le feu vert du premier ministre » faisait référence aux lignes écrites pour M. Duffy lorsqu'il parlerait aux médias.

L'ancien chef de cabinet de Stephen Harper a quitté son poste en mai 2013 lorsqu'on a appris qu'il avait fait ce chèque personnel au sénateur Duffy. Nigel Wright a fait l'objet d'une enquête par la GRC, qui a décidé de ne pas déposer d'accusation contre lui.

La Couronne a terminé son interrogatoire de Nigel Wright. La défense procédera jeudi.

Un témoignage très attendu

M. Wright est arrivé au palais de justice d'Ottawa en taxi et a fait face aux caméras. Accompagné de son avocat, Peter Mantas, il a marché le long de la foule de journalistes assemblés pour le voir arriver, peu avant qu'il ne se rende à la barre des témoins pour raconter sa version des faits.

Vêtu d'un habit foncé et d'une cravate rayée, l'avocat et homme d'affaires a souri poliment à quelques reprises alors qu'il entrait dans l'édifice, mais a refusé de commenter la cause.

M. Wright s'est tenu loin des yeux du public depuis qu'il a quitté son travail au bureau du premier ministre en tant que bras droit de M. Harper. Des sources ont confié qu'il voulait juste reprendre le contrôle de sa vie et laisser cette controverse derrière lui. Ces mêmes sources, qui ont parlé sous le couvert de l'anonymat parce qu'elles ne sont pas autorisées à discuter de cette affaire publiquement, ont dit qu'il voulait offrir autant d'information que possible.

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