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Procès Mike Duffy : l'ex-chef de cabinet de Stephen Harper à la barre des témoins

EN DIRECT - Le procès pour fraude, corruption et abus de confiance du sénateur suspendu Mike Duffy reprend à Ottawa, ce matin, avec la comparution d'un témoin-vedette de la Couronne: Nigel Wright, l'ancien chef de cabinet de Stephen Harper.

Un texte de Daniel Thibeault

Ce sera la première fois que l'on entendra l'ex-chef de cabinet de Stephen Harper donner sa version des événements qui ont conduit à son départ en 2013. M.  Wright devrait expliquer comment il a décidé de verser plus de 90 000$ à Mike Duffy afin qu'il puisse rembourser les indemnités perçues de façon injustifiée.

Depuis le début du procès, le témoignage de Nigel Wright est l'un des plus attendus. Plusieurs espèrent qu'il permettra d'établir plus clairement ce que savait le premier ministre de toute cette affaire.

L'ex-chef de cabinet de Stephen Harper a payé 90 172,24 $ de sa poche à Mike Duffy afin qu'il rembourse les indemnités de résidence au cœur de la controverse. Trois des 31 chefs d'accusation de corruption, de fraude et d'abus de confiance qui pèsent contre le sénateur Duffy sont liés à ce fameux chèque. Ce dernier a plaidé non coupable de toutes les accusations.

Quand l'affaire a été mise au jour, Nigel Wright a dû quitter son poste de chef de cabinet du premier ministre.

Au-delà des extraits d'entrevues dans les documents déposés en cour par la GRC, M. Wright n'a jamais commenté publiquement le dossier. Son témoignage sera la première occasion d'entendre sa version des faits.

La Couronne devrait consacrer un peu moins de deux jours à l'interrogatoire de Nigel Wright. Le contre-interrogatoire par l'avocat de Mike Duffy pourrait durer au moins trois jours. De nouveaux éléments de preuve incluant des échanges de courriels devraient également être déposés devant la cour.

Que savait Stephen Harper?

Quand les indemnités de résidence du sénateur ont commencé à devenir un véritable problème pour le bureau du premier ministre, Nigel Wright s'est rapidement impliqué dans le dossier pour tenter de calmer la crise.

Selon des documents déposés en cour, il se tourne d'abord vers le parti, auquel il demande de payer pour Mike Duffy. Après avoir d'abord accepté, Irwin Gerstein, lui aussi sénateur et président du Fonds conservateur, constate que la somme est plus élevée que prévu et refuse finalement de faire le chèque.

À court de solutions, désireux de régler le problème une fois pour toutes, Nigel Wright, qui a fait fortune durant ses années dans le secteur des finances, décide de payer de sa poche.

Le 22 février 2013, dans un courriel qu'il fait parvenir à Benjamin Perrin - l'avocat du premier ministre - au sujet de ses intentions, il écrit : « Nous avons le feu vert du côté du PM (we are good to go from the PM). »

Que voulait-il dire exactement? Le 14 mai 2013, quelques jours avant de quitter son poste de chef de cabinet de Stephen Harper, il explique dans un autre courriel : « Le premier ministre sait dans les grandes lignes que j'ai personnellement aidé Duffy. »

Stephen Harper a toujours nié avoir été au courant de toute l'affaire. Questionné dimanche sur la signification de l'expression « feu vert » (good to go), il a indiqué : « Ces mots ne sont pas les miens, ce sont ceux de quelqu'un d'autre. » « J'ai dit à plusieurs reprises et je pense que les faits sont clairs, que je ne savais pas que M. Wright avait fait un paiement à M. Duffy et dès que je l'ai su, j'ai rendu l'information publique. »

Mais plusieurs documents déposés en cour laissent entendre que le premier ministre mettait beaucoup de pression sur son équipe pour calmer la crise. Le chef du NPD, Thomas Mulcair, croit que le premier ministre en savait plus que ce qu'il veut bien admettre.

Mike Duffy simple victime

L'avocat de Mike Duffy a indiqué en début de procès qu'il comptait utiliser le témoignage de Nigel Wright pour prouver que son client est la victime de toute cette affaire. Selon Donald Bayne, il s'agissait de venir à bout de la résistance du sénateur, qui ne voulait pas rembourser des allocations de logement auxquelles il était convaincu d'avoir droit, afin d'en finir avec l'attention médiatique suscitée par cette affaire.

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