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Prudence avec les sondages à un an des élections, disent les politologues

Les derniers sondages sur la scène politique albertaine sont unanimes : ils donnent une très large avance au Parti conservateur uni de Jason Kenney. Mais, à un an des prochaines élections provinciales, il faut encore les regarder avec prudence, estiment les politologues.

Un texte de Laurent Pirot

Le nouveau parti de la droite albertaine récolte 56 % des intentions de vote, selon un sondage Mainstreet Research, publié le 24 janvier. C’est plus de deux fois plus que les intentions de vote accordées aux néo-démocrates au pouvoir.

La Loi électorale prévoit que les prochaines élections devraient avoir lieu dans un an, entre le 1er mars et le 31 mai 2019. L'histoire récente nous enseigne que, aussi longtemps en avance, les sondages ne sont pas toujours une indication fiable des résultats à venir.

Un an avant mai 2015

Le raz-de-marée surprise du NPD de Rachel Notley aux élections albertaines de 2015 constitue un bon rappel qu’en politique, beaucoup de choses peuvent changer en quelques mois seulement.

Dans les premiers mois de 2014, les sondages publiés dans les médias plaçaient le Wildrose nettement en tête des intentions de vote.

En février par exemple, l’institut Léger créditait le Wildrose, alors l’opposition officielle, de 38 % des intentions de vote et les progressistes-conservateurs, de 25 %. Le Parti libéral venait loin derrière (16 %), de même que les néo-démocrates (15 %).

Une année mouvementée

Ce que ces chiffres ne disaient pas, c’est que l’année qui allait suivre serait particulièrement mouvementée dans le petit monde de la politique albertaine.

Le premier tremblement de terre a été le départ de la première ministre Alison Redford, accusée de manquer de respect envers les deniers publics. Après quelques mois d’intérim assuré par Dave Hancock, Jim Prentice a pris les rênes de la province en septembre.

Tous les autres partis représentés à l’assemblée provinciale ont ensuite changé de chef.

Ce changement a été spectaculaire au Wildrose, que la chef Danielle Smith a quitté avec huit autres députés pour rejoindre le parti conservateur en décembre. C’est Brian Jean, jusque-là peu connu sur la scène provinciale, qui a pris sa succession.

Le chef libéral Raj Sherman a été remplacé par le vétéran David Swann, tandis que chez les néo-démocrates, Brian Mason a laissé sa place à Rachel Notley

Chute du pétrole

Autre grande surprise de l’année 2014, la chute du cours du pétrole qui est passé de 100 $ le baril (WTI) à 50 $ entre février 2014 et février 2015. Les recettes budgétaires de la province ont nettement chuté en conséquence.

Le dernier événement marquant sur la liste des événements inattendus a été la convocation d’élections anticipées, un an avant l’échéance inscrite dans la loi albertaine.

La campagne qui a suivi a été haute en couleur et a permis au NPD d’être perçu comme la meilleure solution de rechange au Parti progressiste-conservateur au pouvoir depuis plus de 40 ans.

Le NPD a remporté haut la main les élections avec 54 députés et 40,5 % des voix. Très au-dessus des 15 % estimés un an plus tôt.

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