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PTP : Harper promet la transparence, Mulcair menace de déchirer l'accord

Pendant qu'à Atlanta la conclusion du Partenariat transpacifique (PTP) semble imminente, le chef du Nouveau Parti démocratique prévient que l'accord de libre-échange ne tiendra pas s'il ne protège pas la gestion de l'offre dans son intégralité, en cas de victoire de son parti.

Un texte de Marie-Ève Maheu

Les producteurs laitiers du Canada sont inquiets, et Thomas Mulcair visitait justement une ferme familiale de la Montérégie samedi. « Si M. Harper est en train de sacrifier les fermes familiales comme celle des Lapointe, oui, on va déchirer cette entente », a-t-il dit. Un gouvernement néo-démocrate ne soumettrait tout simplement pas l'accord au vote du Parlement, ce qui le rendrait caduc, a-t-il expliqué.

Il a d'ailleurs envoyé une lettre au ministre du Commerce international, Ed Fast, hier, dans lequel il l'accuse de ne pas avoir la légitimité pour négocier une telle entente dans la dernière ligne droite de la campagne électorale canadienne. 

Harper promet de rendre l'entente publique 

Plut tôt, le chef conservateur a tenu à faire une mise à jour de l'état des négociations du Parteneriat transpacifique. « Il y a eu du progrès, mais les négociations se poursuivent, a-t-il dit. Je reçois régulièrement des rapports de nos représentants qui sont en place [à Atlanta]. »

Stephen Harper n'a pas voulu préciser quand il croyait une entente possible, mais il s'est engagé à la rendre publique si elle est conclue avant le scrutin du 19 octobre.

« La décision finale sera toujours [prise] avec le Parlement du Canada, a indiqué M. Harper. On doit être là [à Atlanta] pour protéger nos intérêts, pour avoir la possibilité de faire partie [de ce nouveau marché] si c'est possible. Mais ce gouvernement ne prend pas la décision finale. »

Selon des médias qui couvrent les négociations du PTP, il ne resterait plus qu'un obstacle à la signature de l'accord commercial : le système actuel de gestion de l'offre, qui profite notamment aux producteurs laitiers. Plusieurs d'entre eux ont manifesté cette semaine devant le parlement canadien à Ottawa, parce qu'ils craignent pour leur survie si la gestion de l'offre devait disparaître.

Malgré les inquiétudes des producteurs laitiers, le premier ministre sortant fait miroiter les gains potentiels pour l'économie du pays à faire partie de ce qui pourrait devenir le « plus grand espace économique de l'histoire ». Le Parteneriat transpacifique couvrirait 40 % du produit intérieur brut mondial.

« Un tel accord voudrait dire des milliers de nouveaux emplois grâce à un nouveau marché pour les produits et les services canadiens de presque 800 millions de clients dans la région de l'Asie pacifique  », a fait valoir M. Harper. 

Les libéraux ne s'avancent pas

Si les néo-démocrates se montrent prêts à abandonner un Partanariat transpacifique jugé insatisfaisant, les libéraux, qui défendent aussi le système de gestion de l'offre, se font beaucoup plus prudents. Ils refusent de dire ce qu'il adviendra du PTP s'ils sont élus, tant que son contenu ne sera pas dévoilé.

Justin Trudeau ne faisait pas campagne aujourd'hui, mais la candidate libérale dans Ottawa-centre, Catherine McKenna, a été appelée à préciser la position de son parti en marge d'un point de presse en Ontario.

« Le Parti libéral croit au libre-échange, nous croyons que c'est essentiel pour l'économie et pour les emplois, mais en ce moment, nous ne savons pas ce qu'il y a dans le PTP. [...] Nous attendons les détails, Nous appuyons le libre-échange, mais on ne peut rien dire avant d'avoir vu le texte de l'entente », s'est contentée de dire Mme McKenna.

Selon ce que rapportait CBC la semaine dernière, le Canada serait prêt à accepter beaucoup plus de lait, de beurre, de fromage et de yogourt provenant des États-Unis. Le pays offrirait une part de « 9 % à 10 % » de son marché aux produits laitiers aux Américains. Des quantités qui pourraient « anéantir » l'industrie laitière canadienne, selon Yves Leduc, de Dairy Farmers of Canada.

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Lors d'un discours devant des militants, le chef du Bloc québécois s'est inquiété une nouvelle fois que Stephen Harper sacrifie la gestion de l'offre, en ajoutant que les libéraux et les néo-démocrates ne font pas bien mieux.

« Harper semble décidé à la sacrifier. Les autres, quand on leur demande "allez-vous ratifier?, êtes-vous d'accord pour voter contre?", [ils] hésitent. Parce qu'il y a des votes dans l'ouest, on ne se contera pas d'histoire. »

Il s'engage pour sa part à voter contre le PTP, si ses craintes se concrétisent, lorsqu'il sera soumis à la Chambre des communes.  

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