Retour

Quatre appuis au Québec pour l'aspirant chef conservateur Andrew Scheer

À cinq jours du seul débat en français de la course à la direction du Parti conservateur, Andrew Scheer a confirmé jeudi que quatre députés québécois se joignaient à sa campagne. L'ex-président de la Chambre des communes a maintenant plus d'appuis au sein du caucus québécois que les deux candidats originaires de la province, Maxime Bernier et Steven Blaney.

Le député de Regina-Qu'Appelle, en Saskatchewan, a dit être « très fier » d'avoir obtenu l'appui d'Alain Rayes (Richmond-Arthabaska), Pierre Paul-Hus (Charlesbourg-Haute-Saint-Charles), Luc Berthold (Mégantic-L'Érable) et Sylvie Boucher (Beauport-Côte-de-Beaupré-Île d'Orléans-Charlevoix). Cette dernière était cependant absente pour l'annonce.

« C'est un signal très fort que mon message résonne dans chaque province », a plaidé l'homme de 37 ans, qui se présente comme un rassembleur, essentiellement préoccupé par les questions économiques, et le candidat le susceptible de défaire Justin Trudeau lors de la prochaine élection générale, en 2019.

Peu connu au Québec, M. Scheer a pris plusieurs minutes pour se présenter aux électeurs conservateurs de la province, qui choisiront le prochain chef du parti le 27 mai prochain, lors d'un scrutin préférentiel.

Il s'est exprimé avec une certaine aisance dans la langue de Molière, ayant étudié pendant 13 ans dans un programme d'immersion linguistique à Ottawa.

Je me suis lancé dans cette campagne à la direction du Parti conservateur pour une seule et unique raison : on ne peut pas permettre à Justin Trudeau de faire à mes enfants ce que son père a fait à ma génération.

Andrew Scheer

« [Justin] Trudeau est en train de placer le pays dans une spirale de déficits sans fin, comme l'a fait son père », a déploré l'aspirant chef. « On ne peut pas se permettre de faire des déficits pendant 38 ans », a-t-il enchaîné, en référence à un rapport récemment publié sur le site du ministère des Finances deux jours qui envisageait ce scénario.

« Mon plan est de retourner à l'équilibre budgétaire en deux ans », a fait valoir M. Scheer, sans donner de détails sur les moyens d'y parvenir.

M. Scheer affirme que de nombreux Québécois partagent les valeurs et les idées de son parti, dont celle de baisser les impôts, de prendre au sérieux les menaces terroristes et de respecter les champs de compétence des provinces.

Pro-vie, mais contre la réouverture du débat

M. Scheer a réitéré jeudi qu'il s'engageait à ne pas rouvrir des débats sociaux controversés, comme le droit à l'avortement ou le mariage gai.

« Je suis concentré sur les enjeux qui créent l'unité. Ça ne m'intéresse pas de toucher à ces sujets », a-t-il assuré, tout en admettant qu'il est personnellement contre l'avortement et qu'il a voté en ce sens depuis son arrivée à Ottawa.

J'ai toujours voté pro-vie, mais comme chef, c'est important de choisir les enjeux qui créent l'unité.

Andrew Scheer

Les trois députés présents pour l'occasion ont tour à tour vanté les qualités de rassembleur de M. Scheer, ainsi que son expérience et son dynamisme. MM. Paul-Hus et Rayes ont aussi souligné sa capacité à défendre les valeurs familiales et son bilinguisme.

« La course vient de prendre un nouveau virage », a dit croire M. Berthold.

Jusqu'ici, seul Maxime Bernier avait réussi à s'adjoindre un député québécois dans la course à la succession de Stephen Harper, soit Jacques Gourde (Lévis-Lotbinière).

Avec l'annonce de ce matin, MM. Bernier et Blaney n'ont plus que quatre députés de la province à courtiser, soit Gérard Deltell (Louis-Saint-Laurent), Alupa Clarke (Beauport-Limoilou), Joël Godin (Portneuf-Jacques-Cartier) et Bernard Généreux (Montmagny-L'Islet-Kamouraska).

Le député conservateur de Roberval-Lac-Saint-Jean, Denis Lebel, restera neutre dans cette course, à titre d'adjoint de la chef intérimaire, Rona Ambrose. Il a cependant déclaré dès le départ que le prochain chef du parti devait être bilingue.

Contrairement à M. Scheer, plusieurs des 13 candidats à la direction du Parti conservateur sont incapables de s'exprimer correctement en français et risquent donc de soulever peu d'intérêt au Québec.

Avec ces nouveaux appuis, le député de 37 ans se positionne comme un candidat d'envergure au Québec, où les conservateurs ont fait des gains lors des élections d'octobre 2015. Le parti avait fait élire 12 députés, soit 7 de plus qu'auparavant, grâce à une marée bleue dans la région de Québec, où 10 conservateurs avaient été élus.

Avec une vingtaine d'appuis au sein de la députation conservatrice, M. Scheer était déjà le meneur à ce chapitre, devant Erin O'Toole et Maxime Bernier. Ses appuis provenaient cependant essentiellement de l'Ouest canadien jusqu'ici.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un avion s'écrase dans un arbre





Rabais de la semaine