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Quatre Premières Nations seront dédommagées à la suite des inondations de 2011

Les membres de quatre Premières Nations du Manitoba devraient bientôt être indemnisés pour les inondations qui les ont forcés à évacuer leurs maisons en 2011. Leurs avocats sont en cour vendredi pour fournir les détails d'un règlement de 90 millions de dollars accepté par Ottawa et le gouvernement du Manitoba.

« Ce n'est pas négligeable, c'est important. Je ne peux pas donner un chiffre exact, mais nous ne parlons pas de centaines de dollars, mais plutôt de dizaines de milliers de dollars qui pourraient tomber entre les mains de ceux qui sont les plus gravement touchés », affirme Sabrina Lombardi, avocate associée de la firme McKenzie Lake Lawyers à London, en Ontario.

« C'est la première fois au Manitoba que des membres d'un groupe se présentent devant les tribunaux pour quelque chose comme ça : nous avons toujours compté sur le chef et le conseil pour faire quelque chose pour eux », explique M. Anderson, 59 ans, membre de la Première Nation de Pinaymootang. Il est l'un des plaignants représentant les personnes évacuées dans le procès.

« L'argent ne compensera jamais l'impact émotionnel de ce que la province nous a fait subir à ce moment-là. Pour beaucoup d'entre nous, qui ont continué de vivre avec les conséquences de cet événement, cela aidera financièrement à faire face à certains des coûts encourus pendant et après l'inondation. »

Environ 4000 personnes des Premières Nations de lac Saint-Martin, de Little Saskatchewan, de Dauphin River et de Pinaymootang ont dû quitter leurs maisons après les inondations printanières de 2011.

Le gouvernement du Manitoba a détourné l'eau de la rivière Assiniboine, qui est sortie de son lit, dans le lac Manitoba afin d'empêcher l'inondation de Winnipeg. La hausse des niveaux d'eau a causé des dommages considérables aux maisons, aux chalets et aux terres agricoles.

Maisons infestées de rongeurs

La poursuite a prétendu que le gouvernement avait fait preuve de négligence dans l'exploitation d'un certain nombre de structures de contrôle de l'eau, y compris le barrage de Shellmouth et le canal de dérivation de Portage.

Certaines personnes n'ont jamais pu revenir chez elles parce que leurs maisons ont été détruites ou infestées de rongeurs et de moisissures, et que leurs puits ont été contaminés.

« Depuis que nous avons été évacués, nous avons perdu beaucoup de membres de famille et d'amis. Rien ni aucune somme d'argent ne rapportera jamais nos êtres chers. Cette entente nous aidera au moins à compenser certaines de nos pertes », estime Bertha Travers, une des plaignantes.

Le groupe a initialement intenté une poursuite en recours collectif de 950 millions de dollars, mais cette action a été refusée en 2014. Cette autre poursuite portant sur une somme d'argent beaucoup moins élevée a été certifiée comme une action collective l'an dernier.

Les gouvernements du Manitoba et du Canada n'ont pas admis avoir posé des gestes répréhensibles, mais ont accepté de payer 90 millions de dollars, ce qui comprend des frais juridiques de 6 millions de dollars.

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