L'économie, la souveraineté du Québec, une taxe qui n'a été proposée par personne, des attaques contre des gouvernements provinciaux : voici ce qui a marqué les sept premiers jours de la campagne électorale.

L'économie va mal... du moins en partie

Tous les chefs s'entendent sur le fait que le Canada est à la veille d'être officiellement en récession, incluant le premier ministre sortant. Stephen Harper soutient toutefois que 80 % de l'économie canadienne est en croissance, et que la décroissance dans le secteur de l'énergie est attribuable à la chute des prix du pétrole à l'échelle internationale. Il estime donc qu'il faut continuer de miser sur un plan axé sur des impôts bas pour créer des emplois et stimuler l'économie.

Le Nouveau Parti démocratique, le Parti libéral du Canada et le Parti vert estiment plutôt que le gouvernement doit continuer d'investir, notamment en infrastructures, pour aider l'économie.

Les fédéralistes divisés... sur la question souverainiste

Même en l'absence du Bloc québécois, la souveraineté du Québec a monopolisé une partie des échanges lors du débat des chefs organisé par le magazine Maclean's, jeudi soir à Toronto. « C'est surréaliste », a réagi Gilles Duceppe.

Le chef libéral Justin Trudeau estime que le Québec ne peut pas se séparer du Canada avec un référendum gagné par 50 % des voix plus un. Le chef néo-démocrate Thomas Mulcair est d'avis qu'une majorité simple est suffisante. « Pourquoi ramener le débat au sujet de la loi sur la clarté sinon pour satisfaire les éléments séparatistes de la députation du NPD au Québec? Personne ne parle de ça », a répliqué Stephen Harper.

Contre une taxe... qui n'a jamais été proposée

Le chef conservateur s'est toutefois intéressé à un autre enjeu dont personne ne parle. Dans une publicité, Stephen Harper a affirmé qu'il n'imposera jamais une taxe sur le service de distribution en ligne Netflix. « Justin Trudeau et Thomas Mulcair ouvrent grande la porte à une telle taxe », dit le chef conservateur dans la vidéo diffusée notamment sur YouTube, sur Twitter, et sur le site Internet du parti. Dans les faits, aucun parti politique n'a proposé une telle taxe.

Des affirmations et des demi-vérités

Bien d'autres propos des chefs de partis ont fait lever les sourcils. Par exemple, Gilles Duceppe a accusé le NPD de tenir un double discours sur la question du pipeline Énergie Est de TransCanada, alors que la position néodémocrate semble claire : pour, à certaines conditions.

Justin Trudeau a néanmoins repris cette attaque lors du débat des chefs.

Thomas Mulcair a quant à lui affirmé que le gouvernement Harper « a ajouté 150 milliards de dollars à la dette dans les 10 dernières années ». Cette allégation a été reprise par la chef du Parti vert. Or, la hausse est plutôt de 131 milliards de dollars.

Stephen Harper en campagne... aussi contre des gouvernements provinciaux

Le chef conservateur ne s'est pas contenté de critiquer les chefs des autres partis fédéraux. Avant même le déclenchement des élections, le gouvernement libéral de l'Ontario se disait prêt à faire campagne contre les conservateurs s'ils continuent de s'opposer à la création d'un régime de retraite provincial. C'est précisément ce qui s'est passé, et la guerre de mots entre la première ministre Kathleen Wynne et Stephen Harper s'est poursuivie jusqu'à vendredi.

M. Harper s'en est également pris au gouvernement néo-démocrate de Rachel Notley, en Alberta, affirmant qu'il est « incapable de présenter un budget », a dit Stephen Harper. « Le résultat est un désastre, et est rejeté par la population. »

Contrairement à la première ministre de l'Ontario, Rachel Notley n'entend pas s'impliquer davantage dans la campagne fédérale.

À quoi s'attendre de la deuxième semaine de campagne?

Nigel Wright, ex-chef de cabinet de Stephen Harper, témoignera mercredi dans le cadre du procès du sénateur déchu Mike Duffy. Il devrait alors donner sa version des faits sur le fameux chèque de 90 000 $ qu'il a donné au sénateur Duffy afin que ce dernier puisse rembourser ses allocations de résidence.

Nigel Wright a quitté son poste en mai 2013 lorsque l'existence du chèque avait été révélée. Dans un courriel obtenu par la police, M. Wright a écrit à certains collègues qu'il a sollicité et obtenu l'approbation de Stephen Harper.

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