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Que veut dire la perte de statut de parti officiel pour les libéraux?

Jeudi soir, le Parti libéral de l'Ontario a perdu à la fois son chef et son statut de parti officiel à Queen's Park. La dernière fois que le parti avait obtenu si peu de sièges était en 1951.

La première ministre sortante, Kathleen Wynne, s’attendait à ne pas être réélue lors des élections provinciales ontariennes cette semaine. Elle aura finalement perdu 48 sièges à Queen’s Park, d’importants joueurs qui n’ont pas été réélus en plus d’obtenir le plus bas pourcentage de votes exprimés pour le parti depuis 1923.

Le Parti libéral n'a gagné que sept sièges de député, soit un de moins que la limite fixée pour obtenir le statut de parti officiel à Queen's Park.

Impact sur le Parti libéral de l’Ontario

Lorsqu’un parti perd son statut officiel à l'Assemblée législative de l'Ontario, il perd le financement qu’accorde Queen's Park pour les salaires des employés du chef de parti et pour la recherche qui aide le parti à établir sa plateforme, en plus de perdre la période de temps qui lui était allouée pour parler en Chambre.

Selon Stéphanie Chouinard, professeure adjointe au Département de science politique du Collège militaire royal de Kingston, le Parti libéral a perdu des figures importantes et devra aller chercher de nouveaux joueurs qui sauront participer à la reconstruction du parti.

« Il y aura du recrutement pour aller chercher de nouveaux candidats et il faudra voir, dans les sept qui sont encore présents à Queen's Park, le rôle qu’ils pourront jouer dans cette reconstruction-là », selon la politologue.

La perte du statut officiel n’empêchera pas le parti de continuer son travail, selon Lise Jolicoeur, directrice chez StrategyCorp et ex-directrice des communications de Kathleen Wynne. Elle explique que les membres du caucus peuvent tout de même demander la permission de parler lors de débats en Chambre et donne, Elizabeth May, la chef du Parti vert du Canada en exemple.

Pour Dennis Pilon, professeur associé de sciences politiques à l’Université York, c’est la perte de financement qui est le plus dur à accepter lors de la perte du statut officiel. « Pour qu’un parti soit à jour dans ses politiques, pour qu’il puisse mettre de l’avant de nouvelles idées, cela prend du temps et de l’argent », explique-t-il.

Et si le Parti progressiste-conservateur intervenait?

Le Parti progressiste-conservateur pourrait, s’il le désire, demander à l’Assemblée législative que le Parti libéral conserve son statut officiel.

Selon Mme Chouinard, cela dépendra du bon vouloir de l’équipe de Doug Ford. Elle estime que M. Ford pourrait vouloir octroyer un statut officiel ou un financement supplémentaire pour commencer la session parlementaire sur un ton conciliateur.

Néanmoins, vu la majorité confortable dont hérite le Parti progressiste-conservateur au lendemain des élections, il n'aura pas besoin d'une opposition sympathique pour gouverner.

En 2003, après que le Nouveau Parti démocratique de l’Ontario n'eut pas été en mesure d’obtenir le nombre de sièges nécessaire, le Parti libéral de l’Ontario avait fini par lui octroyer du temps durant les périodes de questions en plus d’un petit budget pour le caucus.

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