Retour

Québec aidera davantage les parents d'enfants lourdement handicapés

Les parents d'enfants gravement malades et présentant d'importantes incapacités recevront une aide supplémentaire du gouvernement du Québec. Mais il n'est pas clair si cette aide sera financière ou sous forme de services. On ignore aussi combien de familles en bénéficieront.

La ministre déléguée à la Protection de la jeunesse, à la Santé publique et aux Saines habitudes de vie, Lucie Charlebois, a fait l'annonce de cette nouvelle mesure en conférence de presse vendredi. « L'argent dont on parle va leur permettre de respirer un petit peu », a dit Lucie Charlebois, parce que ces mères-là ne peuvent pas quitter pour aller sur le marché du travail ».

L'aide apportée va réduire l'écart entre ce qui est versé « en services et en argent » aux familles naturelles dont l'enfant a des incapacités très importantes et ce qui est versé, aux familles d'accueil, pour le même niveau de soin requis. Cet écart est de l'ordre d'un peu plus de 12 000 $.

Le comité interministériel chargé de se pencher sur le dossier a élaboré une grille d'analyse qui détaille l'ensemble des montants versés sous forme d'aide à domicile, de soutien direct et de crédits d'impôt divers.

Une situation régularisée

La nouvelle mesure entrera en vigueur en septembre et elle sera rétroactive au mois d'avril. Les critères d'admissibilité et le mode de fonctionnement du programme seront dévoilés dans les semaines à venir.

« Maintenant ça va être une situation qui est égale », se réjouit Geneviève Dion, mère d'une petite fille de quatre ans, lourdement handicapée. Mme Dion salue le fait qu'aucun changement n'aura à être apporté dans la législation pour que l'aide entre en vigueur. « On va ainsi gagner beaucoup de temps », dit-elle.

Deux autres mères assistaient à la présentation de la ministre Charlebois, Marie-Eve Tétreault et Marilyne Picard. Cette dernière explique qu'il lui arrive de ne pas parvenir à payer l'épicerie pour le reste de sa famille, tant les coûts engendrés par la situation de son enfant handicapé sont importants. De dire Mme Picard : « D'avoir des sous va nous permettre d'être un petit peu plus normaux dans notre anormalité ».

Ces parents font partie de Parents jusqu'au bout, un organisme qui avait déposé en 2015 une pétition à l'Assemblée nationale du Québec afin de dénoncer la différence de traitement entre ce que l'État accorde aux familles d'accueil et ce qu'il verse aux parents naturels d'enfants qui ont de très graves handicaps. Parents jusqu'au bout estime à 2000 le nombre de familles qui pourraient se prévaloir de cette nouvelle aide gouvernementale, mais la ministre n'a pas voulu confirmer de chiffres.

Une vie difficile, au quotidien

« Ce sont des familles qui ont des situations particulières, exceptionnelles, qui sont exigeantes. On a été sensibles à leurs besoins », a expliqué Mme Charlebois.

Gaétan Barrette avait rencontré le 14 mars dernier des mères qui ont lancé un cri du coeur à l'émission Tout le monde en parle.

La ministre Charlebois affirme que ces dernières semaines, les fonctionnaires de quatre différents ministères se sont activés à faire l'inventaire des programmes gouvernementaux destinés à ces familles « et voir comment on peut arriver à mieux les soutenir et trouver une solution ».

Dans leur pétition de 2015, les membres de Parents jusqu'au bout réclamaient la reconnaissance des parents d'un enfant lourdement handicapé comme famille d'accueil de leur propre enfant, dans le but d'avoir accès aux prestations financières, au répit, au transport ambulancier et aux médicaments gratuits.

Avec les informations de Pascal Robidas et de Marc Verreault

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine