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Québec condamne un article « raciste » du Washington Post

Le gouvernement Couillard protestera contre un texte paru dans le Washington Post la semaine dernière.

Contrairement à la Chambre des communes à Ottawa, le Québec a en effet décidé d'agir contre une diatribe parue dans ce quotidien quelques jours après l'attentat meurtrier dans une mosquée de Québec, qui a fait six morts et plusieurs blessés.

Le commentaire en question, écrit par un polémiste de Vancouver, J.J. McCullough, concluait que le Québec était plus raciste que le reste du Canada.

Mercredi midi, l'Assemblée nationale a condamné à l'unanimité, dans une motion présentée par l'opposition officielle, le texte d'opinion en demandant au gouvernement de rectifier ces propos « tenus à l'encontre du peuple québécois ».

À la sortie de la séance du conseil des ministres, mercredi après-midi, la ministre des Relations internationales, Christine St-Pierre, a affirmé que le gouvernement allait donner suite à la motion.

Une lettre officielle sera transmise au Washington Post pour exprimer le « malaise » et le « désaccord » du gouvernement, a indiqué l'attachée de presse de la ministre, Ann-Clara Vaillancourt. La lettre était en cours de rédaction en après-midi et on ignorait encore qui allait la signer au gouvernement.

« Je ne veux même pas répondre à ce qu'il a écrit parce que c'est tellement en dessous de tout, a dit Mme St-Pierre dans une mêlée de presse. (...) Tu ne peux pas faire des raccourcis en disant : "Parce qu'il y a ça, il y a ça." On va envoyer la lettre à la rédaction, ils vont peut-être la publier, on verra. »

Le Parti québécois a expliqué pourquoi il tenait à faire adopter cette motion. Il était du devoir du gouvernement de rectifier les faits devant « un geste de désinformation », a déclaré le député péquiste de Verchères, Stéphane Bergeron, qui a piloté la motion.

« De prétendre que le Québec est une société refermée sur elle-même, c'est une méconnaissance crasse des faits, puisque le Québec est depuis ses origines une terre d'accueil, a-t-il affirmé dans une entrevue. Nous sommes descendants de gens qui sont venus trouver refuge ici, ou faire une vie ici, d'innombrables gens de partout dans le monde sont venus partager notre aventure en terre d'Amérique. »

Le Québec traîne toujours une « mauvaise perception » notamment en ce qui concerne ses lois linguistiques, et les nombreux commentaires relevés dans les médias sociaux, même à propos de cette motion, en faisaient encore état mercredi, a-t-il ajouté.

La semaine dernière, les Communes à Ottawa ont refusé de débattre d'une motion du Bloc québécois qui condamnait les « propos haineux » de J.J. McCullough.

Dans son commentaire paru le 1er février et intitulé Why does "progressive" Quebec have so many massacres? (« Pourquoi y a-t-il autant de massacres dans la province "progressiste" du Québec? »), l'auteur affirme que la majorité des tueries survenues au Canada avaient eu lieu au Québec, en énumérant notamment le massacre de Polytechnique, ainsi que les gestes de Valery Fabrikant, de Kimveer Gill et de Richard Henry Bain.

J.J. McCullough fait état de l'histoire sombre du Québec, « teintée d'antisémitisme, de fanatisme religieux, de sentiment profasciste », ce qui en fait un lieu « inhospitalier, arrogant et sensiblement plus raciste que le reste du Canada ».

Selon lui, les gestes du Québec, à titre de société distincte, ses lois linguistiques « suprématistes », ses débats sur la laïcité et les accommodements raisonnables sont à blâmer pour avoir semblé produire des « fous prompts à perpétrer des massacres, qui justifient leurs crimes en exprimant leur insatisfaction à l'égard de la culture unique du Québec ».

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