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Québec débloque 4 millions de plus pour l’enseignement à la maison

Les commissions scolaires québécoises recevront dès cette année une enveloppe récurrente de 4 millions de dollars par année pour soutenir les familles qui scolarisent leurs enfants à la maison, a annoncé jeudi le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx.

Cette somme supplémentaire doit notamment servir à fournir des manuels, du matériel didactique et des ressources professionnelles (psychologues, psychoéducateurs, éducateurs spécialisés, orthopédagogues, orthophonistes) aux familles qui choisissent de scolariser leurs enfants à domicile, explique Québec dans un communiqué.

La mesure doit aussi permettre à ces familles d’avoir accès aux infrastructures sportives et récréatives de leur secteur, précise Québec.

Ces quatre millions de dollars supplémentaires s’ajoutent aux trois millions de dollars récurrents annoncés par le gouvernement Couillard l’an dernier, pour la scolarisation à la maison.

Cette annonce survient en marge des travaux de la Commission parlementaire qui se penche jeudi sur le projet de règlement sur l'enseignement à la maison prévu dans la loi issue du projet de loi 144.

Selon le gouvernement, ce projet de règlement vise à privilégier un « modèle d’accompagnement souple et équilibré, qui place l'intérêt de l'enfant au centre de ce processus d'encadrement ».

Un modèle qui, aux dires du ministère de l’Éducation, « se compare avantageusement à d'autres modèles d'encadrement de l'enseignement à la maison ailleurs au Canada, dont certains prescrivent aussi un suivi ministériel ».

Le PQ et la CAQ critiquent le règlement

Avec son nouveau règlement encadrant l'école à la maison, le gouvernement Couillard vient ni plus ni moins légaliser le cheminement scolaire parallèle, a déploré l'opposition à Québec, jeudi.

Le Parti québécois (PQ) et la Coalition avenir Québec (CAQ) ont vivement réagi à la publication du règlement, qui ne pourra empêcher, selon eux, des parents d'enseigner que la Terre est plate ou que les hommes sont supérieurs aux femmes.

En vertu des nouvelles règles, qui sont présentement à l'étude à l'Assemblée nationale, le français, une deuxième langue et les mathématiques devront être enseignés à la maison, mais sans plus. Les examens du ministère de l'Éducation demeurent optionnels.

En revanche, les parents devront fournir au ministère des plans d'apprentissage et des évaluations de leurs enfants, en plus d'offrir des « activités variées et stimulantes ».

Le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx, estime que son règlement respecte le droit des familles d'enseigner à la maison, tout en assurant le respect du « tronc commun » de l'éducation au Québec.

Mais pour la vice-chef du PQ, Véronique Hivon, il est impératif que tous les petits Québécois puissent avoir les mêmes chances de réussite. Cela passe entre autres par l'apprentissage des sciences, de l'histoire et de la géographie, selon elle.

Les nouvelles balises gouvernementales n'empêchent en rien les enfants de continuer à fréquenter pendant toute la journée des écoles religieuses, s'est-elle indignée au Salon bleu.

Le porte-parole caquiste en matière d'éducation, Jean-François Roberge, a plaidé pour sa part que les enfants qui voudraient un jour réintégrer le réseau scolaire ne pourront pas le faire, faute d'acquis. « On les abandonne », a-t-il déclaré.

À l'heure actuelle, environ 2000 enfants sont inscrits à une commission scolaire et font l'école à la maison. Il y en a beaucoup plus qui ne sont pas inscrits, selon le ministre, qui s'est dit convaincu jeudi que la loi issue du projet de loi 144 aidera le gouvernement à reprendre contact avec ces familles.

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