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Québec dénonce la violence espagnole et demande une médiation internationale

L'Assemblée nationale a adopté à l'unanimité une motion dénonçant les violences commises par le gouvernement espagnol lors de la tenue du référendum sur l'autodétermination de la Catalogne dimanche dernier.

D'accord sur la dénonciation de la violence, les partis ont toutefois dû mettre de l'eau dans leur vin afin de s'entendre sur un appel à la médiation internationale contenue dans la deuxième portion de la motion.

Les libéraux québécois ont finalement rejoint, deux jours après les violences référendaires espagnoles, les partis d’opposition pour « déplorer l’attitude autoritariste du gouvernement espagnol qui a mené à des gestes de violence », comme le stipule la motion. Après avoir refusé de montrer l’Espagne du doigt, les libéraux ont consenti à désigner le gouvernement espagnol comme l’auteur des violences commises lors de la tenue du référendum.

Madrid a envoyé un fort contingent de la Garde civile et de la gendarmerie nationale espagnole en Catalogne lors de la tenue du référendum sur l’autodétermination de la communauté autonome espagnole. Ces corps policiers avaient ordre de perquisitionner et fermer les bureaux de scrutin pour empêcher la tenue de la consultation jugée illégale par la Cour constitutionnelle espagnole.

De nombreuses scènes de violence ont fait le tour du monde à la télévision et sur les réseaux sociaux. Les policiers espagnols ont blessé plus de 900 personnes au cours de la répression contre les citoyens qui tentaient d’exercer leur droit de vote.

Les libéraux refusaient toutefois de réclamer une médiation internationale comme le demandait l'opposition en écho aux revendications du gouvernement catalan. Le parti au pouvoir souhaitait s’en tenir à un appel « à la reprise du dialogue politique et démocratique entre la Catalogne et l’Espagne afin de résoudre pacifiquement et de façon consensuelle les différences qui les éloignent dans le respect de la démocratie et du droit pour conduire les partis à une solution négociée ».

Les libéraux disaient ainsi vouloir éviter de s’ingérer dans la gestion interne d’un État souverain.

Couillard offre une médiation québécoise

La ministre des Relations internationales et de la Francophonie, Christine St-Pierre, dénonçait la volonté du Parti québécois de réclamer une médiation internationale encore quelques minutes avant la période des questions à l’Assemblée nationale.

« Nous considérons que faire appel à une instance internationale, c’est demander à une autre partie de venir régler un différend entre deux [autres] parties », déplorait Mme St-Pierre.

La ministre St-Pierre souhaitait que la motion s’en tienne à réclamer la reprise du dialogue entre les deux partis.

De son côté, le Parti québécois voulait qu’une médiation internationale soit réclamée, plaidant que les Catalans ne pouvaient plus faire confiance au gouvernement espagnol à la suite des violences commises dimanche dernier.

Les partis ont réussi à trouver un compromis en réclamant « une reprise du dialogue politique et démocratique entre la Catalogne et l’Espagne [...] avec une médiation internationale si les partis y consentent ».

« Je pense qu’on aurait pu et on pourra éventuellement apporter notre aide, mais pour ça, il faut que les deux parties y consentent », a poursuivi le premier ministre Couillard.

Ce compromis a obtenu l’assentiment de la totalité des députés et l’Assemblée nationale a décidé d’envoyer une copie de la motion aux gouvernements espagnol et catalan de même qu’au président de la Commission européenne, au secrétaire général de l’ONU et au premier ministre du Canada.

Le PQ souhaite maintenant que le gouvernement canadien imite l’Assemblée nationale, alors que le premier ministre Justin Trudeau répétait mardi son intention d’éviter de s’ingérer dans les affaires d’un autre pays souverain.

Les Catalans opposés à l’indépendance, selon St-Pierre

Rappelant qu’elle avait déjà été envoyée en mission en Catalogne, la ministre St-Pierre a soutenu que la plupart des Catalans ne sont pas souverainistes. « J’ai eu des discussions avec des Catalans et ce n’est pas une majorité de Catalans qui est pour l’indépendance », a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse à Québec.

La ministre s’appuie sur des sondages d’opinion et sur l’élection catalane de 2015 pour avancer que les Catalans ne seraient pas favorables à l’indépendance de leur région. Elle avance que les indépendantistes ont obtenu une majorité de sièges (72/135) lors de l’élection, mais elle précise qu’ils n’ont pas obtenu plus de 50 % des suffrages (47,8 %).

Mme St-Pierre rejette ainsi indirectement les résultats du référendum de dimanche qui donnent 90 % d’appui à l’indépendance avec un taux de participation de 42 %. « Ce n’est pas une majorité de Catalans qui sont allés voter au référendum et on sait pourquoi ils ne sont pas allés voter, a déclaré la ministre St-Pierre. C’est parce qu’ils ont été empêchés d’aller voter au référendum. »

Une éventuelle déclaration d’indépendance de la Catalogne susciterait de nouvelles discussions à l’Assemblée nationale québécoise. Alors que la ministre St-Pierre semble opposée à une éventuelle reconnaissance d’un État catalan, Québec solidaire a déposé mercredi matin une motion – qui a été rejetée – visant à reconnaître la Catalogne dans l’éventualité où la région déclarerait son indépendance.

« L'Assemblée nationale aura fort probablement d'ici quelques jours à se positionner sur cette question », a prédit la députée Manon Massé en conférence de presse.

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