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Québec déterminé à poursuivre ses efforts auprès des assistés sociaux

Le gouvernement Couillard demeure convaincu de la pertinence du programme Objectif emploi, qui vise à inciter les assistés sociaux à accéder au marché du travail, et ce, même si le nombre de prestataires de l'aide sociale a atteint un nouveau creux historique au Québec.

Un texte de Louis Gagné

Objectif emploi est plus pertinent que jamais aujourd'hui parce que dans un contexte où il y a une pénurie de main-d'œuvre, il faut encore travailler davantage avec les personnes à l'aide sociale pour favoriser leur prise d'emploi, affirme le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais.

Le nombre de prestataires des différents programmes d’aide sociale a atteint un plancher record en mars avec 404 551 bénéficiaires. Le taux d’assistance sociale chez les 0-64 ans est également à son plus bas à 5,9 %.

François Blais accueille favorablement ces résultats. Le ministre croit qu’il est encore possible de diminuer le nombre de prestataires grâce aux milliers d’emplois qui sont à pourvoir au Québec.

Je pense que c'est possible d'aller plus bas, notamment avec Objectif emploi […] Dans les prochaines années, si l'emploi se maintient bien, si on travaille bien, si on accompagne bien [les prestataires], notamment les premiers demandeurs, on devrait connaître d'autres succès, indique-t-il.

« La carotte et le bâton »

Le porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté, Serge Petitclerc, est favorable à l’implantation de mesures d’aide et d’accompagnement à l’emploi. Il déplore toutefois l’approche « de la carotte et du bâton » privilégiée par le gouvernement.

Selon lui, les pénalités pouvant atteindre 224 $ imposées aux personnes qui refusent de s’inscrire au programme Objectif emploi sont le résultat d’un « mythe » et d’un « préjugé » à l’égard des assistés sociaux.

On a une logique de workfare […] On veut inciter des gens à [se trouver un emploi] parce qu'on considère que ces gens-là, dans le fond, s'ils ne sont pas sur le marché du travail, c'est parce qu'ils ne veulent pas y être, dénonce Serge Petitclerc.

Il soutient que les principaux obstacles à l’employabilité des personnes assistées sociales demeurent le niveau de formation, l’analphabétisme et le fait d’avoir été absent du marché du travail pendant une longue période.

On a une obsession du retour à l'emploi, ce qui amène le gouvernement à mettre en place des programmes pour pousser des gens vers le marché du travail, donc pour quitter l'aide sociale et occuper pas mal n'importe quel emploi […] On va sûrement assister à un autre échec avec ce programme-là, prédit M. Petitclerc.

Avec la collaboration de Fanny Samson et Sébastien Bovet

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