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Québec entend faciliter la vie aux jeunes familles

Québec permettra aux nouveaux parents d'étaler les congés parentaux auxquels ils ont droit sur une période de deux ans. Il s'agit d'une des mesures à venir, confirmées jeudi après-midi, venant modifier le Régime québécois d'assurance parentale (RQAP). D'ailleurs, le gouvernement compte multiplier d'ici la fin de son mandat les gestes devant faciliter la vie des familles.

La qualité de vie devient l'objectif numéro un du gouvernement, huit mois avant les prochaines élections.

Dans le cas des changements au RQAP, le but de l’exercice est de fournir davantage de flexibilité aux parents, mais aussi aux employeurs, dans la gestion des congés de maternité et de paternité.

Ces changements, qui s’inscrivent dans le cadre d’un effort du gouvernement pour améliorer la conciliation travail-famille, ne devraient par ailleurs entraîner aucun coût supplémentaire pour l’État, puisqu’il ne s’agit ni d’une augmentation des prestations ni de leur durée, mais bien d’un réaménagement.

L'annonce a été faite par le premier ministre Philippe Couillard et son ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais, au terme du caucus présessionnel des parlementaires libéraux, à Québec.

« Moi, je suis de la génération pour qui le travail, c’était tout », a relaté M. Couillard. « J’ai passé des jours, des soirs à mon travail. Et je dois le dire, ça m’a fait négliger ma famille, comme beaucoup de mes collègues de l’époque. Et je le regrette aujourd’hui. »

« Ce que l'on propose, c'est majeur, parce que c'est la possibilité de scinder votre congé et de l'étirer sur deux années », a expliqué M. Blais, qui déposera un projet de loi en ce sens cet hiver. Présentement, un tel aménagement n'est possible que dans une période d'un an.

Par exemple, une nouvelle mère qui le désire pourra revenir au travail après huit semaines de congé et prendre les semaines restantes six mois ou un an plus tard, ou encore les aménager de façon à bénéficier de semaines de travail de quatre jours.

Travailleurs et employeurs devront s'entendre

Ces aménagements devront cependant faire l’objet d’un accord préalable entre l’employeur et l’employé. En cas de refus de l’une des parties, ce sont les scénarios de base prévus par le RQAP qui s’appliqueront.

Actuellement, le RQAP prévoit 18 semaines pour la mère, à 70 % de son salaire, et cinq semaines pour le père, aussi à 70 % de son salaire.

Les deux conjoints disposent ensuite de sept semaines à 70 % du salaire et de 25 semaines à 55 %, qu'ils peuvent se partager comme ils l'entendent.

Entré en vigueur le 1er janvier 2006, le Régime québécois d’assurance parentale est financé à partir de cotisations des employeurs et de montants perçus sur le salaire des travailleurs.

Près de 100 000 parents québécois se prévalent chaque année de congés parentaux financés par le RQAP.

Autres chantiers familiaux

De son côté, la ministre du Travail, Dominique Vien, déposera un projet de loi destiné à réviser les normes du travail qui devra inclure un plus grand nombre de jours de congé offerts aux parents de jeunes enfants et à ceux qui doivent s'occuper de proches âgés.

Et en mars, le ministre des Finances, Carlos Leitao, prévoit quant à lui annoncer quelques surprises aux parents en vue d'alléger leur fardeau fiscal, puisque l'économie continue de bien aller au Québec.

« En même temps, nous sommes réalistes, a nuancé M. Leitao. Nous sommes prudents. Nous voyons que, pour l'avenir, pour 2018, 19, 20, il y a plusieurs nuages un peu plus sombres à l'horizon. Donc, il faut demeurer prudent, il faut avoir un cadre financier qui soit toujours robuste et qui puisse passer à travers différentes zones qui pourraient être un peu plus turbulentes. Il ne faut pas promettre n'importe quoi aux Québécois. »

Les travaux parlementaires reprendront mardi prochain.

Ce sera la dernière session avant le scrutin du 1er octobre, et donc la dernière chance du gouvernement de faire sa marque sur le plan législatif.

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