Retour

Québec présente une offre finale et globale aux ingénieurs de l’État

Prenant acte du retour au travail des 1400 ingénieurs de l'État, qui ont annoncé mardi la suspension de leur grève, le président du Conseil du Trésor, Pierre Moreau, a déposé une offre finale et bonifiée aux ingénieurs en fin d'après-midi.

Il indique que l’objectif de son gouvernement est d’abord d’obtenir une entente négociée avec les ingénieurs, et, dans un deuxième temps, de viser la reprise du travail sur les centaines de chantiers routiers du Québec perturbés par le débrayage des ingénieurs.

Considérant que les ingénieurs sont rentrés au travail après deux semaines de grève, Pierre Moreau entend maintenant se concentrer sur le règlement du conflit, qui a trop duré, estime-t-il.

Comme les 53 rencontres qui ont eu lieu entre les représentants de l'Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec (APIGQ) se sont toutes soldées par un refus des offres patronales, affirme M. Moreau, Québec à décidé de déposer une offre finale, globale et bonifiée, sans toutefois préciser ce qui arrivera si les syndiqués la refusent encore.

Pas de perturbation, pas de loi spéciale

Pierre Moreau prévient toutefois que si les travaux étaient de nouveau perturbés sur les chantiers de la province, « le gouvernement prendrait ses décisions sans attendre ».

« C’est une offre finale, parce que les négociations avancent à un rythme qui n’est pas soutenu. [...] À l’heure actuelle, bien que les chantiers ne soient pas perturbés, il n’y a toujours pas de convention collective de signée. Nous indiquons donc au syndicat quelle est la limite de la négociation », a déclaré Pierre Moreau aux journalistes.

Rappelant que son gouvernement s’est entendu avec 95 % des salariés de l’État, il a expliqué que les termes de cette offre de la dernière chance se situent dans la moyenne des augmentations salariales consenties aux 500 000 autres employés de l’État.

Les ingénieurs auraient ainsi droit à une augmentation salariale moyenne d'un peu plus de 9,15 %, a-t-il révélé en point de presse. Selon lui, l’offre faite aux ingénieurs est en fait légèrement supérieure, en raison d’un rattrapage interne avec les conditions de leurs confrères ingénieurs forestiers.

La proposition comporte aussi certains aménagements dans la grille salariale qui sont réclamés par les représentants syndicaux des ingénieurs, ajoute Pierre Moreau en évoquant qu'il y avait encore de l'espace de négociation « à la marge », mais pas sur l'essentiel.

Les ingénieurs « ont bien hâte » de voir cette offre

Réagissant au dépôt de cette offre, le président de l’APIGQ, Marc-André Martin, a déclaré d'entrée de jeu : « On a bien hâte de la voir ». Le syndicat n'écarte pas un nouveau recours à la grève si ses membre rejettent cette nouvelle proposition.

« Ce qu’on demande, c’est très raisonnable. On demande un rattrapage salarial juste pour se mettre au niveau de ce qui s’offre aux gens aujourd’hui. », a ajouté Marc-André Martin. Le syndicat exige 16,5 % d'augmentation sur sept ans.

L'offre de Québec est présentée le jour même où la vérificatrice générale du Québec dépose son rapport sur le ministère des Transports du Québec (MTQ). Elle y souligne que le ministère est « vulnérable sur le plan de l’expertise » et que des préoccupations persistent quant à sa capacité à encadrer adéquatement les firmes de génie.

Des arguments repris au bond par le président de l'APIGQ, qui affirme que depuis le début, son syndicat dénonce le recours abusif au privé dans les travaux exécutés au MTQ.

« Quand vous lisez son rapport [de la directrice générale], 94 % de la valeur de la surveillance et de la conception des travaux est donnée aux firmes externes », dénonce Marc-André Martin.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine